[Vidéo] Le Pen et Macron prêts à un duel télévisé sans merci ce mercredi 3 mai


Les deux candidats du second tour de la présidentielle s’affrontent ce mercredi sur TF1 et France 2. Le leader d’En marche promet un « corps-à-corps » tandis que sa rivale veut l’attaquer sur les sujets régaliens.




Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont rendez-vous ce mercredi soir pour ce qui constituera le point d'orgue de la campagne présidentielle. Devant des millions de télé­spectateurs et sous l'oeil des 14 caméras de TF1 et de France 2 depuis la Plaine Saint-Denis, les deux finalistes se livreront au traditionnel débat de l'entre-deux-tours qui s'annonce animé, voire agité. Septième débat depuis que le président de la République est élu au suffrage universel , cette confrontation sera en fait une grande première pour Marine Le Pen et Emmanuel Macron, mais aussi pour leurs partis respectifs après l'élimination des candidats LR et PS. En 2002, Jacques Chirac avait refusé de débattre face à Jean-Marie Le Pen. Et En marche, le mouvement de l'ancien ministre de l'Economie, affiche à peine plus d'un an d'existence.

Grand favori des sondages, qui lui donnent une victoire avec environ 60 % des suffrages, mais face à une candidate qui n'aura rien à perdre, Emmanuel Macron entend aller « au fond des choses ». « Marine Le Pen porte un projet dangereux et que je combats. Mais elle est là, on doit regarder le pays en face. Il y a plus de 20 % des Français qui ont fait ­confiance à son projet, je veux ­convaincre que son projet n'est pas bon », a-t-il expliqué mardi sur BFMTV.

En insistant sur les cafouillages récents de la présidente du FN sur l'euro , et, plus généralement, sur son programme économique , mais aussi en dénonçant le danger que fait peser son parti sur la Répu­blique, comme il l'a fait tout au long du week-end et notamment lors de son meeting géant lundi porte de la Villette, le candidat d'En marche aura plusieurs angles d'attaque. « Je ne serai pas dans l'invective, l'insulte ou le raccourci. Marine Le Pen n'est que là-dessus », a-t-il ajouté, tout en précisant qu'il était prêt à aller au « corps-à-corps ».

Son entourage craint un débat devenant inaudible. « On ne veut pas que ce débat tourne en pugilat. Il faut parler aux Français, pas se donner en spectacle », estime-t-on dans son équipe. Pour se préparer, Emmanuel Macron a allégé son programme mardi et mercredi. Prévu pour durer 2h20, sans public, le débat verra les deux candidats argumenter sur une douzaine de thèmes préalablement établis.

Face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen, donnée largement battue par les sondages, se jettera à corps perdu dans la bataille. Comme elle le fait depuis le début de cette campagne, elle présentera Emmanuel Macron comme le ­candidat des élites et tentera de le « clintoniser », à l'image de ce que Donald Trump avait fait avec Hillary Clinton l'an dernier outre-Atlantique. Mais les proches de la candidate du FN craignent une discussion très axée sur l'économie, son point faible au moment où la confusion est complète en ce qui concerne la stratégie du parti d'extrême droite sur le retour au franc.

« Emmanuel Macron va essayer d'emmener Marine Le Pen sur le seul terrain qu'il connaît bien, l'économie », prédit un membre de l'équipe de campagne de la candidate. « Mais Marine ne se laissera pas enfermer dans ces questions-là. Il s'agit d'un débat pour être président de la République française, pas ministre des Finances. Elle va mettre l'accent sur la protection des Français, puisque c'est son sujet dans cette élection », explique ce conseiller. Objectif : tenter de mettre Emmanuel Macron en difficulté sur les sujets régaliens, sur lesquels elle estime avoir un avantage, et en particulier la lutte contre le terrorisme islamiste.

Mais au-delà, elle a aussi l'intention de présenter son adversaire comme le banquier d'affaires « insensible », produit du « système » et héritier de l'actuel président de la République. « Un quinquennat Macron ne serait qu'un second quinquennat Hollande, en pire », écrit-elle mardi dans un texte posté sur son blog suite aux déclarations du leader d'En marche qui s'est dit prêt à accueillir Manuel Valls dans sa future majorité gouvernementale s'il démissionne du PS. Le candidat Macron ou le nouveau « packaging » du PS, comme le résume un proche de Marine Le Pen.

Après le débat, les deux candidats seront de retour sur le terrain et tiendront un dernier meeting de campagne. Marine Le Pen dans un village de la Somme et Emmanuel Macron à Albi.

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