[Vidéo] Etats-Unis: Violences lors d’un rassemblement d’extrême droite, un mort


Des violences entre des partisans de l'extrême droite américaine et des contre-manifestants ont fait un mort et une vingtaine de blessés ce samedi 12 août à Charlottesville, dans l'Etat de Virginie.




Blessés étendus au sol, personnes en pleurs, brancards embarqués dans des ambulances et des camions de pompiers... Un rassemblement controversé de groupuscules de l'extrême droite américaine a viré au drame ce samedi quand une voiture a foncé sur la foule des contre-manifestants antiracistes.

La victime était une femme qui traversait la rue lorsque la voiture a percuté la foule. Le conducteur de ce véhicule a été placé en garde à vue et la police traite les faits comme un "homicide criminel", a déclaré le chef de la police de Charlottesville, Al Thomas. Par ailleurs, deux policiers sont morts dans l'accident de leur hélicoptère aux abords de la ville, sans qu'un lien ne soit établi entre cet accident et les violences.

Des témoins ont déclaré que la voiture semblait avoir volontairement percuté la foule. Les circonstances des deux autres décès n'étaient pas connues immédiatement. En fin d'après-midi (heure locale), au moins 35 personnes recevaient ou avaient reçu des soins pour des blessures graves ou légères, a indiqué le chef de la police.

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"Une fille mutilée"

Des centaines de personnes étaient arrivées samedi dans cette ville de l'est des États-Unis. Certaines étaient là pour manifester dans le cadre d'un rassemblement appelé Unite the Right Rally, partisans de la suprématie blanche, des nationalistes et d'autres militants favorables à ce que l'on appelle Alt-Right, ou droite alternative.

Selon des personnes sur place, les victimes étaient des contre-manifestants venus dénoncer la présence à Charlottesville de groupes de la droite radicale et identitaire américaine, dont le Ku Klux Klan et des néo-nazis. "Une fille au sol a été mutilée. C'était volontaire, ils ont fait exprès de reculer", a raconté un témoin. Une autre vidéo montrait le capot et le pare-brise de la voiture percutée maculés de taches de sang.

Le gouverneur démocrate de la Virginie, Terry McAuliffe, a déclaré l'état d'urgence et une enquête a été ouverte par le FBI.

Général esclavagiste

Les groupes de la droite radicale et identitaire américaine présents entendaient dénoncer de façon unitaire le projet de Charlottesville de déboulonner dans ce jardin municipal la statue d’un général sudiste favorable à l’esclavagisme. Certains militants rassemblés, professant la suprématie de la race blanche, étant venus munis de drapeaux confédérés, un symbole considéré comme raciste par une bonne partie des Américains. D’autres arboraient des symboles nazis. Le 8 juillet dernier, quelques dizaines de membres du Ku Klux Klan s’étaient déjà rassemblés dans cette ville paisible et pittoresque, très largement surpassés en nombre par les manifestants antiracistes. Les images de ces extrémistes en robe traditionnelle avaient été diffusées dans le monde entier.

Réaction du président Trump

Le président américain Donald Trump a condamné les violences de Charlottesville sans vouloir pointer de responsabilités sur les manifestants ou sur leurs opposants. "Nous condamnons dans les termes les plus forts possibles cette énorme démonstration de haine, de sectarisme et de violence venant de diverses parties", a-t-il déclaré depuis Bedminster (New Jersey),  où il passe ses vacances. "Cela fait longtemps que notre pays connaît cela. Ce n’est pas Donald Trump, ce n’est pas Barack Obama, cela se passe depuis très longtemps", a-t-il assuré. "Je pensais, comme tout le monde, que les blessures de notre pays allaient guérir, et elles vont guérir", a-t-il également déclaré.

"Nous devons tous nous unir et condamner tout ce qui représente la haine. Il n’y a pas de place en Amérique pour ce type de violences", avait dans un premier temps tweeté le président Donald Trump. D’habitude relativement avare en commentaires publics, la Première dame des Etats-Unis, Melania Trump, l’avait précédé en condamnant le sectarisme. "Rien de bon n’émerge de la violence", a-t-elle écrit sur Twitter.