Une Pakistanaise condamnée au viol, à cause d’un autre viol commis par son frère

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A 16 ans, une jeune Pakistanaise a été condamnée à une lourde sanction : un viol. Avait-elle enfreint des règles ou désobéi ? Rien de tout cela. La raison est encore plus inconcevable : son village voulait ainsi punir son frère, qui avait lui-même violé une enfant, âgée de 12 ans.




Les faits se sont déroulés aux abords de la ville de Multan, au centre du pays. La semaine dernière, un homme viole la jeune enfant de 12 ans, et prend la fuite. Choqué, le frère de la victime décide alors de réunir les membres du conseil de son village, pour châtier et condamner l’accusé, qui serait un de leurs cousins. Le conseil applique alors le châtiment “répondre d’un crime par le crime” : il lui ordonne de violer la sœur de l’accusé, pour rééquilibrer la justice, relate l’AFP.

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Un viol pour venger un viol

“Une jirga (conseil de village) a ordonné le viol d’une jeune fille de 16 ans comme punition pour un viol commis par son frère sur une enfant de 12 ans. […] Ce qu’il a fait”, a affirmé Alan Baksh, un responsable de la police locale.

Les deux familles ont alors “porté plainte pour viol l’un contre l’autre”, affirme Rashid Taheem, policier en charge de l’enquête. “14 personnes du conseil du village” ont été arrêtées, affirme-t-il, mais le “principal accusé”, le violeur de l’enfant de 12 ans, est toujours en fuite.

Des assemblées interdites

Très rependues au Pakistan, les jirgas sont pourtant interdites dans le pays depuis 2004, pour être “non constitutionnelles”. Ces assemblées tribales, uniquement composées des chefs masculins du village, sont utilisées pour prendre des décisions entre deux parties : meurtre, viol, le partage d’un héritage entre les membres d’une famille… Même si elles sont illégales, elles persistent encore dans ce pays conservateur de 200 millions d’habitants, et il y en aurait des milliers comme celle-ci.

Dans ces zones rurales, l’accès à la justice reste difficile. Les jirgas sont alors le moyen le plus rapide, le moins cher et le moins loin, pour régler un conflit.