Triple meurtre au Canada: “Je ne suis pas un assassin”, dit le Mauricien Shakti Ramsurrun

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L'auteur présumé d'un triple meurtre a laissé plusieurs messages après le drame.




Shakti Ramsurrun et Anne-Katherine Powers ont eu le coup de foudre l'un pour l'autre sur un bateau de croisière où l'accusé travaillait.

L'auteur présumé d'un triple meurtre survenu à Gatineau en 2012 a laissé plusieurs messages clamant son innocence sur la scène du crime.

Shakti Ramsurrun, accusé du meurtre prémédité de sa petite amie et de ses beaux-parents, a laissé plusieurs messages dans la maison où les corps ont été découverts.

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Au jour 2 du procès de Ramsurrun pour triple meurtre jeudi, la Couronne a présenté des photos des messages retrouvés sur les lieux du crime, messages où l'accusé clame son innocence.

«Croyez-moi les gars, allons trouver la vérité. Je sais que tout le monde va penser que c'est moi, mais non, je n'ai rien fait. C'est pour ça que je m'en vais. Désolé monsieur», a-t-il écrit à l'encre rouge sur un tableau.

Un conte de fées vite devenu un cauchemar

C’est sur un bateau de croisière qu’Anne-Katherine Powers a fait la connaissance de Shakti Ramsurrun, celui qui allait vite devenir son amoureux, puis le père de son enfant, et finalement son présumé meurtrier.

C’est ce qu’a révélé la Couronne, mercredi, au palais de justice de Gatineau, à l’ouverture de l’attendu procès pour triple meurtre prémédité de l’homme de 33 ans.

Anne-Katherine, 19 ans, sa mère Louise Lebœuf, 62 ans, et son beau-père Claude Lévesque, 64 ans, ont été retrouvés sans vie à l’intérieur de leur domicile familial du secteur d’Aylmer, au 64, rue Félix-Leclerc, le 24 mai 2012.

La jeune femme prenait part à une croisière en famille dans les Caraïbes, à la fin de l’an 2009, lorsqu’elle a fait la rencontre de Ramsurrun, qui travaillait sur le bateau comme serveur.

«La semaine passe, se termine. La famille revient au Canada. Anne-Katherine a de forts sentiments pour l’accusé. Ses parents vont réserver une nouvelle croisière, spécifiquement sur le bateau où travaille l’accusé, pour leur permettre d’approfondir leurs liens. L’amour se dévoile, se confirme», a relaté le procureur de la poursuite, Me Sylvain Petitclerc, lors de son adresse au jury.

Après cette seconde croisière, les amoureux se sont retrouvés à New York d’où ils ont pris un vol vers l’Île Maurice pour s’y établir.

Quelques mois plus tard, Anne-Katherine est tombée enceinte, puis a donné naissance à un garçon. Elle est rentrée chez sa mère avec son fils, en juin 2011. Ramsurrun a pu venir la rejoindre en décembre, après avoir effectué les démarches de mise auprès des autorités fédérales.

«Mais la joie de l’arrivée au Canda de l’accusé va vite disparaître, a poursuivi Me Petitclerc. Après quelque temps, le couple bat de l’aile. Anne-Katherine avait découvert que son conjoint entretenait (via Internet) une relation avec une ancienne amoureuse. L’accusé est transféré au sous-sol et, éventuellement, il est poussé vers la sortie de la maison. On veut qu’il quitte. Évidemment, il ne veut pas. Il n’accepte pas la situation. Et surtout, il n’accepte pas qu’une autre personne prenne sa place, élève son enfant.»

Shakti Ramsurrun

Hommes masqués et notes mystérieuses

Le 24 mai 2012, au lendemain des trois morts sanglantes, avec une large coupure à la main droite, Shakti Ramsurrun s’est présenté au Club de golf Rivermead, où il travaillait, au volant du véhicule de Claude Lévesque. Il était accompagné de son jeune fils.

«Il dit aux gens présents que, la veille, des inconnus se sont présentés portant des masques pour enlever son enfant puisqu’il valait beaucoup d’argent, et que lui s’est sauvé avec l’enfant», a enchaîné le représentant du ministère public.

«Il croit que la famille qui l’a accueilli, sa femme, la mère de sa femme et le conjoint de sa femme, sont morts.  Après son arrestation, il va dire aux policiers qu’il ne sait pas ce qui est arrivé. Qu’il était sorti et que Louise a écrit une note importante et qu’il veut quitter pour trouver qui a commis ces gestes.»

Quand les trois victimes ont été découvertes par les policiers, ils portaient leur pyjama et étaient enroulés dans des couvertures, a dévoilé Me Petitclerc.

«Curieusement, malgré toutes les blessures, il n’y a pas ou très peu de sang apparent. Pas de trace d’infraction. Seulement des notes laissées par l’accusé. Tout semble nettoyé.»

«Avec d’autres éléments, des expertises et des analyses de projection de sang, malgré que la scène semblait avoir été nettoyée, vous aurez un autre éclairage, une autre version. Un éclairage où il n’y a pas trois hommes masqués ou d’intrus qui veulent l’enfant, mais seulement trois victimes. Les trois victimes de l’accusé, qui hors de tout doute, a commis volontairement trois meurtres au premier degré», a souligné le procureur du DPCP en s’adressant aux 12 jurés.

«Des témoins, famille, amis, collègues, viendront décrire l’atmosphère tendue qui régnait jusqu’au 23 mai 2012 en soirée. Comment Anne-Katherine se sentait tout juste avant d’être tuée, comment elle tentait de poursuivre sa vie malgré la séparation et l’accusé.»

«On n’a pas de vidéo des événements. Ce serait si simple. On n’a pas non plus de technologie comme à CSI où on verrait de petits éléments comme par magie. Mais on va quand même vous donner tous les éléments utiles pour que vous puissiez prendre votre décision à la fin de ce procès», a continué Me Petitclerc en indiquant que les prochaines huit semaines, soit le temps estimé du procès, ne seront pas synonymes des «vacances» pour le jury.