Santé: 200 000 Mauriciens souffrent de troubles mentaux

You can also highlight the text to listen to it.

Dépression, anxiété, surmenage, schizophrénie... Le ministre de la Santé, Anwar Husnoo, a déclaré hier que 200 000 Mauriciens souffrent de troubles mentaux. Le Dr Geeaneswar Gaya, psychiatre, estime, lui, le taux à un peu plus de 30 % de la population. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à fréquenter les services psychiatriques.




C’est effrayant. Davantage de jeunes fréquentent les services psychiatriques des hôpitaux. Les responsables : le Rivotril, la prégabaline, Mogadon et autres…

Ces jeunes, dont l’âge ne cesse de diminuer, sont de plus en plus nombreux à abuser de ces médicaments depuis les cinq dernières années. Le ministre de la Santé, Anwar Husnoo, l’a concédé hier mercredi 11 octobre, lors des célébrations du World Mental Health Day à l’hôpital Brown Séquard : l’occurrence des troubles mentaux devient inquiétante à Maurice.

Il chiffre les personnes atteintes à quelque 200 000 personnes de tout âge, soit environ 22 % de la population. Chiffre contesté par le Dr Gaya, psychiatre de renom. Il estime, lui, le taux de maladies mentales à plus de 30 % de la population.

Loading...

Un consultant en charge en psychiatrie affirme qu’il y a trois raisons à cela:

Il y a le stress, nous travaillons plus et pendant de plus longues heures, galoupe par ici par laba. Deuxièmement, notre structure familiale est en pleine évolution, passant de la famille élargie à la famille nucléaire. Finalement, il y a moins de stigmatisation maintenant. Les gens sont davantage au courant, donc plus susceptibles de se faire soigner.

Brigitte Michel

Brigitte Michel, directrice d'Aide, info, liberté, espoir, solidarité (AILES), nous affirme que c’est le mélange des médicaments avec les drogues qui l'inquiète le plus. En somme, la polytoxicomanie.

Depuis quatre à cinq ans, nous voyons venir beaucoup de jeunes qui abusent de la prégabaline. C’est le médicament le plus commun. Ils sont de plus en plus jeunes. Nous avons certains âgés de 14 ans, mais je pense que des plus jeunes abusent de ces psychotropes. On m’a dit que ces substances sont aussi en vente dans les écoles. Cela fait longtemps que je tire la sonnette d’alarme. Des fois, nous voyons des jeunes qui arrivent après avoir consommé jusqu’à 15 ou 20 comprimés par jour.

Un psychiatre nous confirme que l’usage de drogue synthétique et de gandia se fait de plus en plus jeune:

Souvent ,les jeunes commencent avec les médicaments, c’est une porte d’entrée. Les drogues synthétiques pour ceux qui sont attirés par les prix et aussi le gandia. Mais il faut bien comprendre que les deux augmentent les risques de schizophrénie.

Le ministère de la Santé s'active

L’amendement à la Mental Health Act, la création d’une Dementia Clinic, ou encore la mise sur pied du Community Psychiatric Service… Le ministère de la Santé annonce ces trois projets pour l’amélioration des services psychiatriques.

Le Community Psychiatric Service, une fois mis sur pied, permettra à ceux qui se qualifient de recevoir des services pour troubles mentaux à domicile.

À la Dementia Clinic, le patient pourra se faire diagnostiquer et soigner.

À la Dementia Clinic, le patient pourra se faire diagnostiquer et soigner.

Finalement, bien que le ministère ne se prononce pas plus sur les amendements à la Mental Health Act, il nous revient qu’ils serviront à rendre les services psychiatriques “plus humains”.