Photo de Pravind Jugnauth sur un site X : Jusqu’où va la liberté d’expression ?

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La Constitution garantit la liberté d’expression. Mais les limites auraient peut-être été franchies dans ce cas.




La photo en question.

La photo du Premier ministre diffusée sur un site pornographique divise. Si certains internautes prennent cet incident avec humour, d’autres considèrent que ceux ayant posté ce cliché ont dépassé les bornes.

Que dit la loi ? Nous avons constaté que même les hommes de loi sont divisés sur cette affaire. L’un d’eux parle d’une peine de prison pour le ou les coupables.

Sollicité, le Senior Counsel Yousuf Mohamed est d’avis que le concepteur de ce photomontage a voulu exprimer une opinion politique.

D’abord, il n’y a rien de pornographique dans l’image. Si l’on interprète le texte accompagnant la photo, on peut comprendre que le concepteur a voulu dire que le Premier ministre ou le gouvernement gère mal le pays.

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L’article 12 de la Constitution garantit d’ailleurs la liberté d’expression. Mais qu’en est-il dans ce cas ? Me Anoup Goodary indique, lui, que cette liberté a des limites.

Ce n’est pas un droit absolu. D’ailleurs, c’est précisé dans la Constitution. Mais dans le cas qui nous intéresse, ce n’est pas de la liberté d’expression. C’est du character assassination et de la diffamation.

Me Anoup Goodary cite les articles 46 (g) et 46 (h) de l’Information and Communication Technologies (ICT) Act. Ceux-ci stipulent que c’est contraire à la loi d’envoyer des messages utilisant des appareils électroniques pour offenser l’autrui, pour lui causer des inconvénients, pour diffuser de faux messages ou induire les gens en erreur. Sous cette loi, toute personne reconnue coupable risque une amende ne dépassant passant pas Rs 1 million et une peine de prison de moins de cinq ans.

Idem pour l’avocat Nilen Vencadasmy. Selon lui, le ou les responsables ont commis un délit sous l’ICT Act. Ce faisant, dit-il, ces internautes ont porté préjudice au Premier ministre.

Tout laisse croire qu’il y a eu l’intention de nuire à Pravind Jugnauth en postant cette photo sur ce site. Ceux l’ayant partagée risquent d’avoir des ennuis.

Un homme et une femme ont été interpellés par le CCID, lundi 22 janvier.