Nouvel An: Chez les jeunes, la fête est universelle

Quels que soient les pays, les traditions ou les croyances religieuses, les jeunes du monde entier aiment fêter le passage à la nouvelle année. En partant de Taïwan, en passant par la Turquie, l’île Maurice ou encore la Russie, rencontre avec ces jeunes adultes déterminés à accueillir 2017 comme il se doit.




Les feux d'artifice sont très populaires dans le monde.

Faire la fête. Cette notion, bien différente selon les époques ou les cultures, semble avoir trouvé sa définition universelle au sein de la jeunesse mondiale. Pour célébrer la nouvelle année, le maître mot n’est pas compliqué : s’amuser. C’est d’ailleurs la « seule habitude pour le Nouvel An » de Görkem, habitant de la ville de Kadikoy en Turquie. « C’est un jour de fête, ou les gens du monde entier peuvent s’amuser au même moment », déclare-t-il.

Cette année, comme les années précédentes, ses projets sont précis, déjà bien organisés. « Nous avons prévu une fête chez moi. Mais ça ne va pas être la seule soirée aux alentours, donc nous pensons nous rendre à d’autres fêtes durant la soirée. » Il ajoute : « Nous serons une quinzaine d’amis et il y aura des plats délicieux et de l’alcool. On a prévu de danser, parler, s’embrasser ! ». Pour lui, cette manière de fêter le Nouvel An est « assez similaire pour les autres jeunes de Kadikoy », même s’il précise être athée et non conservateur, ce qui, selon lui « change la manière de célébrer ».

Du côté d’Hamed, 22 ans, le schéma est assez similaire. A Dubaï, le jeune homme attend le 31 décembre avec impatience, même si dans son pays, le Nouvel An n’est pas culturellement reconnu comme une fête à part entière. Pourtant, il semblerait que l’un des plus grands évènements de l’année est organisé à ce moment-là au Burj Khalifa de Dubaï, la plus grande tour du monde. « Avec ma famille, on réserve souvent une table pour avoir une belle vue sur la tour et pour voir le feu d’artifice », explique Hamed.

Cette année, la fête sera moins bling-bling, mais son programme est déjà bien défini. « Je serai avec des amis dans ma ferme, on fera un barbecue et on regardera le feu d’artifice à la télévision, avec un grand projecteur ». Le tout, habillé de la tenue traditionnelle dishdash, cette longue robe blanche propre aux Emiratis.

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Certaines croyances toujours pérennes

Warren a 28 ans et il est un habitué de ce genre de fêtes. Elles ne se ressemblent par forcément chaque année, mais sur son île Maurice touristique, il trouve toujours une soirée qui lui correspond, qu’elle soit privée, ou qu’elle se déroule en boîte de nuit. « Pour le soir du réveillon, je vais aller dans un club de vacances, avec des amis. Il y aura beaucoup d’animation, comme dans tous ces clubs en général ! » Mais le plus important de la soirée, sera sans aucun doute l’incontournable feu d’artifice, tiré aux douze coups de minuit. « C’est primordial, je ne le rate aucune année. Il est soi-disant lancé pour faire fuir les mauvais esprits des maisons ».

Manquer le traditionnel feu d’artifice est tout aussi impensable pour Izabel, qu’elle va observer cette année de la municipalité d'Holambra. Originaire de Sao Paulo, au Brésil, elle se rend habituellement à la plage avec ses amis pour y assister. Pour ce jour particulier, leur tenue est adéquate, leurs vêtements, triés sur le volet. « Nous portons des habits blancs, en symbole de paix. La couleur est très importante pour les gens ici, chaque couleur veut dire quelque chose. Le blanc symbolise la paix », explique la jeune femme de 24 ans. Pour elle, cette tradition est bien la seule que les jeunes respectent encore le 31 décembre.

« Certaines personnes ont aussi pour habitude de jeter des roses blanches ou d’autres fleurs dans la mer pour remercier « Yemanja », une entité religieuse brésilienne. Ces mêmes personnes sautent également au-dessus de sept petites vagues, proches du sable, pour espérer être chanceux », raconte Izabel. La chance, c’est aussi ce qu’espèrent les jeunes Russes, dès minuit. « Nous faisons des vœux, comme tout le monde, et nous croyons aux miracles. Juste après, nous allons nous promener avec nos proches pour observer le feu d’artifice et s’offrir quelques cadeaux », témoigne Victoria, 25 ans, de Moscou. « J’espère toujours que l’année d’après va m’apporter beaucoup de bonheur ». A Monterrey au Mexique, Gloria va, elle aussi, s’atteler à quelques superstitions. A minuit, elle compte manger douze raisins pendant son grand dîner prévu avec sa famille, « pour que douze vœux se réalisent ». « Il y a d’autres traditions qui disent qu’il faut courir avec une valise vide. C’est pour se donner la chance de beaucoup voyager durant l’année », confie la jeune femme.

Deux fêtes, deux célébrations

Toutes les occasions semblent bonnes pour faire la fête. Le 31 décembre n’a pourtant pas la même signification partout dans le monde. Jour de célébration pour bon nombre de pays, il peut être pour d’autres, une banalité du calendrier. A Taïwan, comme dans d’autres pays asiatiques, le Nouvel An est basé sur le calendrier chinois et se fête aux alentours du mois de février. « C’est dans la tradition. On organise un grand repas en famille, où l’on déguste des spécialités locales. Des feux d’artifice sont également organisés et on assiste à la dance du dragon et du lion », témoigne Wei-Hao, de Nantou City.

Pour autant, pas question pour ce jeune homme de 27 ans de ne pas aussi fêter le Nouvel An propre au calendrier géorgien. Chaque année, un panel d’activités s’offre à lui pour le 31 décembre. « J’ai pour habitude de faire une petite soirée entre amis ou en famille. On regarde la télévision, on fait un barbecue, on boit… c’est d’ailleurs ce que je vais faire cette année ». Et d'ajouter : « Sinon, nous pouvons par exemple nous rendre à des concerts organisés par le gouvernement du comté ou de la ville. Il y a aussi un feu d’artifice de prévu, plein de jeunes y assistent. Certains se rendent aussi en haut des montagnes pour regarder le coucher de soleil ».

A plus de 5 000 kilomètres, la situation se reflète à Kaboul, en Afghanistan. « Chez nous, c’est le Nouvel An perse, « Norouz », qui est célébré le 21 mars. Nous célébrions également le 31 décembre quelques années auparavant, avant la guerre civile et le régime des talibans », témoigne Nazir, 33 ans. Certaines personnes ont aujourd’hui repris les festivités du 31 décembre, comme Nazir et sa famille : « Nous allons acheter une dinde, avec du riz et de la salade, pour fêter avec la famille et les amis, comme nous le faisions avant. Mais en général, les jeunes souhaitent juste la bonne année par messages ou via les réseaux sociaux ».

Une ouverture des jeunes au monde

Bien au-delà des traditions et des croyances religieuses, les jeunes du monde entier semblent avoir intégré une certaine occidentalisation de la fête et des célébrations, notamment celle du 31 décembre. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution. Aujourd’hui, les réseaux sociaux et internet font partie intégrante de la vie des jeunes, quel que soit le pays développé. Ils sont également beaucoup plus nombreux à voyager vers les pays occidentaux, et à découvrir leurs us et coutumes bien différents des leurs. C’est notamment le cas de Wei-Hao, qui a quitté Taïwan pour six mois en 2014, afin de rejoindre le sud des Etats-Unis.

Mais dans certains pays, la religion et la culture traditionnelle prennent parfois le dessus, même au sein de la jeunesse. Görkem l’avoue, son témoignage ne s’applique pas à tous les jeunes Turcs. « Certains ne veulent même pas fêter la nouvelle année, parce qu’ils pensent que ça nuit à notre culture islamique ». A l’île Maurice, là où plus de cinq religions se côtoient, les fêtes se multiplient mais ne se ressemblent pas. « Chacun a sa manière de fêter », conclut Warren.




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