Maurice a le taux de fécondité le plus bas de l'Afrique

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Maurice a le taux de fécondité le plus bas du continent avec 1,4 enfant par femme. C’est ce qu’il ressort d’une conférence internationale sur le contrôle des naissances, Family Planning 2020, qui s’est tenue à Londres le mardi 11 juillet. Avec cette information que les femmes africaines ont 4,7 enfants en moyenne.




Si c’est le taux de fécondité le plus élevé du monde (la moyenne globale est de 2,5), ce chiffre est loin de correspondre à une récente affirmation du président français Emmanuel Macron sur la natalité en Afrique. Le samedi 8 juillet, en marge du sommet du G20 (groupe des vingt pays les plus riches) qui s’achevait à Hambourg, il répondait à une question d’un journaliste ivoirien : « Combien les pays du G20 sont prêts à mettre dans l’enveloppe pour sauver l’Afrique ? »

Après avoir écarté l’idée d’un Plan Marshall pour l’Afrique en arguant que cette aide historique qui a sauvé l’Europe d’après-guerre « était un plan de reconstruction, dans des pays qui avaient leurs équilibres, leurs frontières, leur stabilité », le locataire de l’Élysée a estimé que le « défi de l’Afrique est différent, il est beaucoup plus profond, il est civilisationnel ». Et de conclure : « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »

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Hasard du calendrier, la conférence Family Planning 2020, organisée par un ensemble d’acteurs publics et privés dont la coopération britannique UKAID, la coopération américaine USAID, le Fonds des Nations Unies pour la population ou la Fondation Bill & Melinda Gates, a été l’occasion de revenir sur les chiffres de la fécondité africaine qui alimente les fantasmes et soulève bien des polémiques.

Ce taux africain de 4,7 enfants en moyenne est lui-même très variable d’un pays à l’autre. Ainsi le Niger détient le record avec un taux de fécondité de 7,6 enfants par femme, tandis celui de l’Afrique du Sud, de la Tunisie, du Maroc et de la Libye est à 2,4. Le taux du Burkina Faso à 5,7 et l’Éthiopie à 4,2. Et enfin, Maurice qui a le taux de fécondité le plus bas du continent avec 1,4 enfant par femme.

Si 99 % des décès maternels surviennent dans des pays en voie de développement, où peu de femmes se rendent à la maternité pour accoucher, la mortalité maternelle a reculé de moitié en Afrique depuis les années 2000. En 1990, 996 femmes sur 100 000 mouraient au cours de leur grossesse ; elles n’étaient plus que 555 en 2015. Avec la progression de la contraception, et l’amélioration de l’accompagnement des grossesses, l’Afrique devrait se rapprocher dans les prochaines années des taux de mortalités asiatiques, soit environ 120 décès pour 100 000 naissances.

Offrir une protection aux 885 millions de femmes qui ne souhaitent pas tomber enceintes dans les pays en voie de développement coûterait 8,3 dollars par femme et par an. Au cours du sommet Family Planning 2020, de nombreux gouvernements se sont engagés à contribuer à la cause : les bailleurs importants de l’aide humanitaire comme le Canada, le Royaume-Uni ou les pays nordiques, mais aussi des pays en voie de développement. Sur les 2,5 milliards de dollars (2,2 milliards d’euros) de dons promis, 1,5 milliard de dollars provient des pays d’Asie (Bangladesh, Inde) et d’Afrique (Burkina Faso, Ouganda et RDC). La Fondation Bill & Melinda Gates, ainsi que des entreprises privées, comme Vodafone, contribueront également à ce financement.

Source: Le Monde