Maltraitance alléguée : Le terrible destin du petit Shane

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L'enfant de 2 ans souffre de plusieurs handicaps et risque même de ne plus pouvoir marcher. Au banc des accusés : ses parents, qui ne lui ont pas fait faire de vaccin. Ni ne l’ont-ils emmené au plus vite à l’hôpital lorsqu’il a attrapé la tuberculose. Pire, tous deux avaient été arrêtés pour maltraitance, il y a presque un an…




Le petit Shane.

Depuis ses 14 mois, Shane ne connaît que son lit d’hôpital, au SSRN Hospital, à Pamplemousses. Il avait été admis d’urgence en ICU et les médecins ont découvert que ses parents ne lui avaient pas fait faire de vaccins dont celui contre la tuberculose.

L’histoire de ce garçonnet, désormais âgé de deux ans, a ému des milliers de Mauriciens. Sur Facebook notamment.

Le ministre de la Santé, Anwar Husnoo, a commenté ce cas, hier, lors de la signature de jumelage entre l’hôpital Jawaharlal Nehru et la Charlotte Maxeke Johannesburg Academic Hospital, de l’Afrique du Sud.

Il ne faut pas que les parents négligent les vaccins. D’autant plus qu’ils sont gratuits. Les conséquences sont graves.

Avant d'ajouter que Shane ne souffre pas de polio, comme déclaré par ses proches et des membres du personnel soignant sur Mo Ti News.

Cela fait ainsi 10 mois que le garçonnet est laissé pour compte à l’hôpital car il souffre de tuberculose cérébrale. Sans même recevoir des visites fréquentes de ses parents. Son seul soutien est le personnel affecté à la salle dans laquelle il se trouve.

Mais les malheurs du petit Shane n’ont pas commencé là. Avant qu’il ne soit “abandonné à l’hôpital”, des allégations de maltraitance ont été proférées à l’encontre de ses parents.

Son père est âgé de 25 ans et sa mère, 22 ans. En août 2017, tous deux ont été arrêtés et traduits devant la cour de Pamplemousses après une plainte de la CDU en ce sens.

Outre les allégations de maltraitance, les parents du petit Shane sont maintenant accusés d’avoir abandonné leur enfant. La mère a été convoquée, hier lundi 16 avril, au bureau de la CDU. Aux officiers, elle aurait promis de prendre soin de ses deux enfants (la dernière est âgée de quatre mois) et d’assumer ses responsabilités.

Elle s’est défendue face aux accusations de négligence. Et affirme rendre visite de temps en temps à son fils lorsqu’elle dispose de suffisamment d’argent pour faire le déplacement à l’hôpital.

Un des pneumologues qui a soigné l'enfant, explique pour sa part :

La maladie avait atteint un stade avancé.

Le diagnostic est sans appel : les effets de la maladie sont irréversibles sur le système nerveux du petit. Shane souffre aujourd’hui de plusieurs handicaps et risque de ne jamais pouvoir marcher. D’ailleurs, il réagit très peu à son environnement. Le médecin poursuit :

Malgré ces complications, ce lourd traitement et sa situation, il se bat toujours. Ce garçon, c’est un fighter.

Ce cas a interpellé les autorités. Le bureau de l’Ombudsperson for Children a dépêché ses officiers à l’hôpital hier. Rita Venkatasawmy, l’Ombudsperson for children, nous indique :

Une fois notre enquête bouclée, on fera nos recommandations au ministère du Développement de l’enfant et du bien-être de la famille.

De son côté, le ministère du Développement de l’enfant et du bien-être de la famille s’est aussi saisi de l’affaire. Un suivi est actuellement fait auprès des parents. La CDU veillera notamment à ce que la mère tienne parole quant à sa promesse de mieux prendre soin de son fils.

Entre-temps, la solidarité autour du petit Shane s’accroît. Des dizaines d’anonymes ont fait le déplacement à l’hôpital du Nord pour lui rendre visite. Ils n’y sont pas allés les mains vides. Couches, du lait et jouets… Mais surtout beaucoup de tendresse et de chaleur l’entourent. Quittera-t-il bientôt l’hôpital ? Pas de sitôt, explique-t-on. Mais si tel est le cas, des officiers iront chez les parents à Grand-Baie pour voir dans quelles conditions vit l’enfant.

Une famille discrète

Nous avons voulu en savoir plus des parents du petit Shane hier. Direction: Camp- Carol, Grand-Baie. Le portail menant vers la maison tient à peine. Une voisine de la famille nous affirme :

Si vous voulez les rencontrer, il est préférable de venir en soirée.

Elle raconte que cela fait plus d’une trentaine d’années que cette famille habite dans cette ruelle. Est-ce qu’elle est au courant de ce qui est arrivé au petit Shane ?

Oui, le petit est à l’hôpital. Bien triste ca.

Selon elle, cette situation découlerait de l’âge des parents.

Ils sont très jeunes. Je pense que la maman n’a même pas 20 ans. Et elle a déjà accouché d’un deuxième enfant, il y a environ quatre mois.

La voisine avance que cette famille est très renfermée sur elle-même.

Zot vive personel. Personne pas kone zot zafer.

Deux boîtes aux lettres sont placées devant la maison. Un jeune homme vient à notre rencontre : Shane fait partie de sa famille, indique-t-il.

Mais, je ne peux pas vous en dire plus. Nous ne nous fréquentons pas. Juste un bonjour, bonsoir.

Et il fait comprendre qu’il ne veut pas trop se mélanger avec cette famille. C’est tout ce que nous apprendrons des parents du petit Shane qui se bat pour sa santé à l’hôpital.