L'un des plus gros icebergs jamais vus s'est détaché de l'Antarctique

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D'une surface de 5800 km², c'est-à-dire celle du département du Gard, le morceau de banquise de 350 m de haut pourrait être un danger pour la circulation maritime.




Le rift à l'origine du futur iceberg géant, photographié par la Nasa.

Son évolution était scrutée par les scientifiques : un des plus gros icebergs jamais vus a fini par se détacher du continent Antarctique, a annoncé un groupe de scientifiques gallois, mercredi 12 juillet, se basant sur des images satellite de la Nasa.

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D'une superficie estimée à 5 800 km², équivalente à celle d'un département comme le Gard ou la Corrèze, il se détachait progressivement depuis des années : la faille qui le séparait du continent avait été découverte en 2011. Elle s'était étendue progressivement, pour atteindre environ 200 km de longueur.

Cet iceberg s'est détaché de Larsen C, une barrière de glace de l'Antarctique, c'est-à-dire un morceau de glace formé par l'avancée sur la mer d'un glacier. Selon les scientifiques du Projet Midas (en anglais), le morceau qui s'est détaché représente plus de 10% de la surface totale de Larsen C.

Une évolution difficile à prévoir

Adrian Luckman, membre de ce groupe de scientifiques de l'université de Swansea, explique:

Cet iceberg est un des plus grands jamais vus, et son évolution est difficile à prédire. Il restera peut-être en un seul morceau, mais se morcèlera plus probablement en plusieurs fragments. Une partie de cette glace restera peut-être dans la zone pour des décennies, et des morceaux dériveront peut-être vers le nord.

Début juillet, l'Agence spatiale européenne (ESA) estimait que l'iceberg aurait une épaisseur d'environ 190 mètres, et que sa profondeur sous le niveau de la mer pourrait atteindre 210 mètres. L'ESA estime qu'il pourrait être dangereux pour la circulation maritime.

Aucun lien confirmé avec le réchauffement

La séparation de cet iceberg de l'Antarctique n'aura pas d'effet sur le niveau des océans car il flottait déjà sur l'eau. Mais elle pourrait entraîner la désintégration de la barrière de glace Larsen C, explique l'ESA, un phénomène qui s'était déjà produit avec Larsen B, en 2002, et Larsen A, en 1995. Cette barrière retient des glaciers capables, eux, de faire gagner 10 cm aux mers du monde s'ils finissaient par se trouver exposés à l'océan.

Martin O’Leary, un autre membre du groupe de scientifiques gallois, ajoute:

Le détachement de cet iceberg est un événement naturel, et nous n'avons pas connaissance d'un quelconque lien avec le changement climatique lié à l'homme.