L’Inde en passe d’élire un “intouchable” président

You can also highlight the text to listen to it.

Deux dalits s’affrontent pour la présidence indienne. Elu au suffrage indirect, le successeur de Pranab Mukherjee entamera son mandat de cinq ans le 24 juillet.




Ram Nath Kovind est le candidat du BJP, le parti nationaliste hindou actuellement au pouvoir.

L'élection de Ram Nath Kovind, un quasi-inconnu proche de la mouvance nationaliste hindoue, à la présidence de l'Inde, un titre purement honorifique, est en passe de renforcer la mainmise sur le pouvoir de Narendra Modi, actuel Premier ministre. Elle lui permettrait aussi de marquer des points au sein de la communauté dalit (autrefois appelée « intouchable »), forte de 200 millions de personnes, en vue des législatives de 2019 où il devrait concourir à un second mandat.

En raison du poids du Bharatiya Janata Party (BJP, au pouvoir à New Delhi) et ses alliés dans le collège électoral, Ram Nath Kovind, un ancien avocat de 71 ans, a toutes les chances d'être désigné à l'issue du scrutin.

À la veille du vote, le Premier ministre a salué sur Twitter l'atmosphère de « dignité » dans laquelle s'est déroulée la campagne. La leader de l'opposition, Sonia Gandhi, a, elle, présenté ce scrutin comme un « choc d'idées » et appelé à rejeter la « vision étroite, clivante et communautariste » de l'Inde portée, selon elle, par le pouvoir en place.

Loading...

Mathématiques électorales

Les hautes castes constituent, traditionnellement, l'assise électorale du BJP mais les nationalistes hindous courtisent les votes de la communauté dalit, socialement et économiquement marginalisée car considérée comme au bas de la hiérarchie des castes, pour élargir leur base.

Ce réservoir de voix est d'autant plus important pour le Premier ministre qu'il ne peut guère compter sur les bulletins des musulmans, qui constituent environ 14 % de la population indienne, en raison de la crispation identitaire dans le pays, sous son mandat.

Le vote de caste est un élément vital des mathématiques électorales indiennes, même s'il est souvent à nuancer par des facteurs religieux ou régionaux. Si la Constitution de l'Inde indépendante a officiellement aboli la discrimination de caste, elle reste, dans les faits, une réalité. Les dalits sont souvent cantonnés à des métiers ingrats, car jugés « impurs », comme le nettoyage d'excréments ou la prise en charge de cadavres d'animaux.

Si Ram Nath Kovind est élu, le vainqueur deviendrait le deuxième président dalit d'Inde, après K. R. Narayanan (1997-2002). Le résultat de l'élection présidentielle sera annoncé jeudi.