Le sexisme à Maurice: Les femmes en prennent plein la figure

You can also highlight the text to listen to it.

Elles ont osé se battre pour leurs convictions et vivre pleinement leur sexualité. Ou encore dénoncer des pratiques “douteuses”. Mais ces femmes, dont la protagoniste du languegate, se sont fait lyncher par les internautes, reléguant presque le rôle du député Tarolah au second plan. Mais d’où vient cette culture du sexisme chez nous ? Pourquoi existe-t-elle encore en 2017 ? Eléments de réponse.




Trisha Gukhool et Latchmee Devi Adheen ont été la cible de commentaires sexistes.

Il y a eu ça :

Sa fam la ena so foto touni, p excite zom. A ki la fot ?

Et ceci :

Ton bizin kumans provok li pu li fer sa.

Ou encore cela :

To pli cheap ki ene prostitué.

Les internautes n’y sont pas allés de mainmorte. Latchmee Devi Adheen, qui a osé dénoncer des messages indécents que le PPS Kalyan Tarolah lui aurait envoyés, s’est fait descendre en flèche. Certains allant même jusqu’à occulter le fait que, contrairement au député, elle n’est pas payée par l’argent des contribuables. Toujours est-il que ce genre de commentaire est symptomatique de la société dans laquelle nous vivons. Qui mettent à nu le phénomène de sexisme.

Loading...

Ce n’est pas la première fois qu’une femme est prise à partie virtuellement. Il y a eu Trisha Gukhool, qui, au temps de sa lutte contre la pub de Coca-Cola, qu’elle jugeait discriminatoire envers la femme, a eu droit à toutes sortes de calomnies. Des photos d’elle, alors qu’elle avait 17 ans, ont même circulé sur Facebook, histoire de la discréditer.

Des jeunes femmes, figurant dans de nombreux “clips” à caractère érotique et publiés par des ex-petits copains, ont été raillées. Leur moralité et leur vertu, elles, ont tout bonnement été condamnées sur la place publique.

Dr Roukaya Kasenally

Alors pourquoi certains et certaines, sont-ils plus prompts à sauter à la gorge – et à la poitrine – des filles ? Pour le Dr Roukaya Kasenally, spécialiste en médias, deux facteurs sont à prendre en compte : le patriarcat (organisation familiale et sociale fondée sur la descendance par les mâles et sur le pouvoir exclusif ou prépondérant du père, ndlr) et la culture du voyeurisme.

On aime bien ce genre de chose. Nous vivons dans une société très patriarcale. Nous vivons dans une ère de pseudo-modernisation, mais nos réflexes sont très définis par le patriarcat qui jette toujours le tort sur la femme qui est supposément source de provocation.

Trisha Gukhool

Comment gère-t-on une telle situation ? Trisha Gukhool a sa petite idée:

Mon expérience, à vrai dire, ne m’a en aucun cas troublée. Au contraire, sachant que j’ai agi par conviction et connaissant mon domaine, j’ai fait ce qu’il fallait faire. Si j’étais affectée, je n’aurais pas continué à me battre. Si j’étais perturbée par tout cela, je n’aurais pas continué mes combats, par exemple, pour l’éradication de la taxe sur les serviettes hygiéniques et tampons, qui a été un succès. Alors j’encourage les femmes qui sont victimes de backlash de ne pas se laisser abattre.

Parole de combattante.