Le Métro Express de Maurice sur les rails


Le premier tronçon de la ligne, financée en grande partie par l’Inde, sera opérationnel en 2019.




Le Premier ministre de Maurice, Pravind Jugnauth, a présenté le projet «Metro Express» entouré de ses partenaires indiens et singapouriens, le 31 juillet 2017.

Une ligne de métro sera bientôt construite à l'île Maurice. Le Premier ministre mauricien Pravind Jugnauth a annoncé ce lundi 31 juillet qu'un système de métro léger sera opérationnel à partir de septembre 2019. « C'est un rêve qui devient réalité pour la nation mauricienne », a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'une cérémonie marquant la signature d'un accord entre le gouvernement mauricien et le conglomérat indien Larsen and Toubro.

Le Métro Express traversera les cinq villes de Maurice, qui abritent la moitié de la population de l’île soit presque 600 000 personnes sur une population de près d'1,3 million d'habitants. Ces villes (Curepipe, Vacoas, Rose-Hill, Beau-Bassin et la capitale Port-Louis) se trouvent sur le seul corridor avec une circulation de plus en plus en dense.

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Le Premier ministre Pravind Jugnauth.

La construction d’une ligne ferroviaire sera plus qu’un projet de décongestion routière, explique Nando Bodha, ministre des Transports et des Infrastructures publiques. « L’île Maurice veut passer à une nouvelle étape de son développement. Et cela passe par des moyens de transport sophistiqués et une nouvelle urbanisation », explique le ministre.

Maurice a mis 20 ans avant d’ouvrir ce chantier jugé trop coûteux. Sa réalisation devient possible grâce à New Delhi, qui a offert a Port-Louis un don de 252 millions d’euros et un prêt de 423 millions d’euros qui seront largement consacrés à ce projet d’infrastructure évalué à environ 600 millions d’euros.

Le ministre Nando Bodha.

Pour Maurice, « c’est quelque extraordinaire d’avoir pu lancer un projet aussi prestigieux et c’est grâce a ce généreux don de l’Inde », ajoute le ministre Bodha.

Ce montage financier est conditionné à un contrat de construction indien, attribué au géant Larsen & Toubro après un appel d’offres réservé aux Indiens. Son directeur général, S.N. Subrahmanyan, présente le projet mauricien comme son plus grand chantier en Afrique:

C’est pour nous un projet énorme. Donc, nous ferons appel à nos meilleures ressources, nos meilleures compétences et nos meilleurs ingénieurs pour faire de ce projet notre faire valoir en Afrique.

Le trajet sera de long de 26 kilomètres pour 18 trains et 19 stations. Les trains eux seront construits par CAF, le constructeur ferroviaire espagnol. La mise en chantier est prévue en septembre prochain pour la livraison d’un premier trajet de Rose-Hill à Port-Louis, en septembre 2019. La totalité du chantier sera complétée en 2021.

Le gouvernement mauricien a fait appel à société d’Etat singapourienne Singapore Corporation Enterprise, en tant que consultant de ce projet.

Un projet controversé

Ce projet a été au centre de beaucoup de controverses dans l'île. L'association Plateforme anti Metro (PAM), qui a manifesté lundi devant le Parlement à Port-Louis, estime que le métro créera davantage de problèmes de circulation, au lieu de réduire les embouteillages chroniques à l'entrée et à la sortie de la capitale le matin et dans l'après-midi.

L'idée de l'introduction d'un métro léger à Maurice avait émergé en 1987. Le projet a fait l'objet de plusieurs études de faisabilité. Il était sur le point d'être lancé par l'ancien gouvernement mauricien avant les élections générales de décembre 2014. Mais le nouveau gouvernement avait finalement jugé le projet trop coûteux. Il a été relancé l'année dernière après la décision du gouvernement indien d'accorder une aide financière.