L'ancêtre du Collège Royal sur le point d'être démoli


« La School », c’est le nom qu’a porté à ses débuts ce site historique. Situé à la rue Edith Cavell à Port-Louis et appartenant au ministère de l’Education, il devrait bientôt être rasé.




Sur le site, un beau bâtiment en bois, recouvert de bardeaux, tombe en ruine… en attendant de tomber, tout court. Le site a abrité l’illustre établissement scolaire à partir de 1824, pendant près d’un siècle et demi.

La création du collège remonte à 1791 dans un bâtiment appelé Vaux Hall, à Champ de Lort, à Port Louis. Il a connu diverses appellations sous la période coloniale française, prenant le nom de Collège National ou Collège Colonial avant d’être appelé École Centrale en 1800 puis de devenir le Lycée Colonial. L’école a ainsi accueilli jusqu’à 300 élèves.

Sous le gouverneur Decaen l’objectif de l’établissement était d’offrir une éducation militaire aux enfants de la population blanche. Il comptait onze maîtres, tous salariés et résidant au sein de l’établissement. L’école accueillait des élèves âgés entre 7 et 14 ans. Certains étaient pensionnaires et logeaient dans des dortoirs annexes. L’école servait alors pour l’Isle de France et l’île Bonaparte. A cette époque, l’établissement scolaire jouissait d’une grande réputation dans les deux îles.

Loading...

Pour la petite histoire, les registres de l’époque indiquent que l’administration était assurée par M. Lagrave Vernejoul, le maître d’école, assisté d’un censeur, M. Laprie et du capitaine d’infanterie Gada, pour l’éducation militaire. La littérature, le latin et l’histoire étaient ensignés par M. Coudray, les mathématiques et la géographie par le frère Lévêque, , la grammaire française par MM Dabadie et Dugorne, l’anglais par MM. Boulanger et Crumbleholme, le dessin par M. Soufflot , la lecture l’écriture et l’arithmétique par M. Lecudennec…

Durant les brèves batailles entre Français et Britanniques pour la conquête de l’île, l’école fut fermée et servit, pendant six mois, d’hôpital militaire, après la prise de pouvoir britannique.

En 1813, le nom du collège fut une nouvelle fois modifié par un décret du gouverneur Sir Robert Farquhar. Le lycée devint ainsi le Royal College, avec statut d’établissement public sous la protection du roi d’Angleterre. En 1824 le bâtiment du collège fut converti en hôpital (l’actuel hôpital Jeetoo). C’est à ce moment là que l’établissement fut transféré à la rue Edith Cavell.

En 1871, après la vague de migration des familles aisées vers les hautes Plaines Wilhems, une branche du Royal College fut créée à Curepipe afin d’éviter aux élèves le long trajet de Curepipe à Port-Louis. En 1912, l’administration décida que l’établissement resterait à Curepipe.

L’établissement de Port-Louis, quant à lui, garda le nom de Royal College. Il est aussi connu sous le nom de « La School ». Dans les années 20 et 30, le nombre d’élèves augmenta considérablement et il fut décidé d’en transférer un certain nombre vers l’établissement de Curepipe appelé, lui, Collège Royal de Curepipe. « La School » était elle connue comme Collège Royal de Port-Louis. Finalement, en 1956, le collège de Port-Louis quitta définitivement la rue Edith Cavell et fut transféré à Cassis.

Appartenant au ministère de l’Education, le bâtiment actuel a accueilli plusieurs services gouvernementaux jusqu’à tout récemment. Il est aujourd’hui inoccupé et voué à la démolition.

Source: Histoires Mauriciennes