La Réunion : Une Mauricienne condamnée pour proxénétisme

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Une Mauricienne a été condamnée par le tribunal de Saint-Pierre, à La Réunion, pour prostitution dans l’île et pour avoir incité ses compatriotes à en faire autant. Une somme de 5 000 euros (Rs 200 000), retrouvée dans son appartement, a été saisie.




Marie Pascalina

Une Mauricienne de 34 ans a été jugée durant la semaine écoulée par la justice réunionnaise pour proxénétisme aggravé et exécution d'un travail dissimulé.

Marie Pascalina est accusée d’avoir fait venir des compatriotes qui souhaitaient se prostituer à l’ile sœur pendant quelques jours par mois, avant de repartir avec des enveloppes en euros.

Avant de mettre en place son réseau, la jeune mère de famille, a fait seule le trajet pendant 2 ans. Des séjours d’une semaine à de 10 jours, au moment où les salaires étaient payés.

Le tarif : 80 euros (Rs 3 200) la demi-heure. Et en rien de temps, la jeune femme, d'origine rodriguaise, empochait plus que le salaire de sa mère, femme de ménage dans un hôtel mauricien.

Le train de vie de la jeune femme ne manque pas d’attirer la curiosité de ses camarades. C’est là que commence le business. Marie-Pascalina se transforme en proxénète et fait les allers-retours accompagnés de 2 à 3 filles.

Elle organise un planning, s'occupe de trouver des locations bien placées à Saint-Gilles et à Saint-Pierre, prend rendez-vous avec les clients sur des sites Internet. Elle avance parfois le billet d'avion, et gère même le transport depuis l'aéroport jusque dans les appartements réunionnais. Tout cela pour une commission représentant environ 25% des passes.

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Marie Pascalina

Le nombre de jeunes femmes qu’elle a recrutées est en train d’être calculé par la PAF qui enquête auprès des chauffeurs qui ont véhiculé les filles de l’aéroport aux lieux d’hébergement.

A la barre, la Mauricienne explique qu’elle ne faisait que donner des conseils plutôt que des consignes.

Elles n'étaient pas mes esclaves. Elles étaient libres et bien contentes de prendre l'argent. Elles sont venues me chercher.

Elle écope donc de 18 mois de sursis, une somme de 5 000 euros lui a été confisquée et elle est interdite d’accès au territoire français pendant 10 ans.

Le cas de Mauriciennes qui se prostituent à l’île soeur n’est pas chose nouvelle. Il y a 12 ans, la PAF avait pris en filature un groupe de jeunes Mauriciennes qui visitaient un peu trop souvent La Réunion. Elle a découvert qu’elles se livraient au racolage sur le front de mer de Saint-Denis avant d’emmener les clients dans deux hôtels minables.

Il y a deux ans, un couple franco-mauricien, qui gère depuis un pensionnat à Trou-aux-Biches, a reconnu devant la Cour d’appel de Saint-Denis, avoir ouvert, entre 2006 et 2009, les portes d’un hôtel et d’un pensionnat, à des prostituées malgaches et mauriciennes. L’argent récolté aurait été versé sur un compte en banque à Maurice pour financer l’achat d’un bien immobilier. L’homme affirme que sa femme et lui-même “ignoraient” que la législation française leur interdisait de louer des chambres à des prostituées.