Jeanne Barret, grande voyageuse et tenancière de cabaret dans le Port-Louis de 1770

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Considérée comme la première femme à avoir fait le tour du monde, Jeanne Barret a été, pendant quelques années tenancière d’un petit établissement accueillant voyageurs et marins de passage, dans le Port-Louis de 1770.




Née le 27 juillet 1740 à La Comelle, en Saône et Loire, Jeanne devient très vite orpheline. Afin d’échapper à la misère, elle decide de voyager. Mais pour pouvoir embarquer, elle doit se faire passer pour un homme, à une époque où il est hors de question pour une femme de participer aux expéditions. Compagne du botaniste Philibert Commerson, elle se déguise en valet et, sous le nom de Jean Baré, l’accompagne dans l’expédition dirigée par Bougainville en 1766.

Leur supercherie est découverte à Tahiti en 1768. Mais Bougainville les laisse continuer le voyage jusqu’à l’Île de France où ils doivent débarquer, un an plus tard.

Au début des années 1770, Port-Louis est un port important, peuplé de riches négociants qui commerçaient activement avec l’Inde, la Chine, Le Cap mais aussi avec les comptoirs de la péninsule arabique. A part quelques beaux quartiers, la ville était un dédale de ruelles, avec des cases sans alignement, où vivaient toutes les classes de la population. Les activités de toutes sortes y étaient débordantes et les voyageurs de passage y étaient nombreux.

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A la mort de Commerson, Jeanne, désormais seule et sans ressources, decide d’ouvrir un cabaret à Port-Louis. A la fois débit de boisson et salle de spectacle, ces petits établissements peuvent aussi faire office d’auberge. A cette époque, on en estime le nombre à 125 dans toute la ville. En général des cases en bois, comme la plupart des établissements de la ville, ils accueillaient les voyageurs de passages et les équipages…

En 1774 Jeanne rencontre un officier de marine français, originaire du Périgord, Jean Dubernat, qu’elle épouse le 17 mai 1774 dans la cathédrale Saint-Louis. Le couple rentre alors en France. Ce retour marque la fin de la courte carrière de Jeanne Barret dans l’hôtellerie et la restauration et lui permet surtout de boucler son tour du monde.

Jeanne ramène en France les récoltes botaniques de Commerson destinées au Jardin du roi, soit 30 caisses contenant quelque 5 000 espèces, dont 3 000 sont décrites comme nouvelles. Elle reçoit sa part de l’héritage de Commerson et le roi Louis XVI, qui reconnaît ses mérites comme aide-botaniste, la félicite pour sa bonne conduite, la désigne comme « femme extraordinaire » et lui verse une rente.

À sa mort en 1807, elle est enterrée au cimetière de l’église de Saint-Aulaye, située sur la commune de Saint-Antoine-de-Breuilh en Dordogne.