Insolite: Un chômeur luxembourgeois risque la prison après des vacances à Maurice


Le ministère public de Luxembourg accuse un Luxembourgeois de fraude après être retourné de vacances de Maurice. Pour cause, Il s’est licencié de sa société pour toucher le chômage. Mais les clients attestent que c’est lui, le boss. Il risque un an de prison.




L’accusé a passé trois mois de vacances à Maurice.

De 2009 à 2014, un habitant de Wolkrange (Messancy) de 63 ans a perçu des indemnités de chômage, alors qu’il était gérant de sociétés de rénovation de toiture, une société belge et une société grand-ducale:

J’ai créé les sociétésQuand les affaires ont moins bien marché, la société grand-ducale a été déclarée en faillite et m’a licencié. C’est mon fils qui a repris les chantiers. Je gère la société, mais je ne touche pas de salaire.

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L’auditeur du travail ne l’entend pas de cette oreille:

Outre que la loi ne permet pas à un gérant de toucher des indemnités de chômageles contrôles démontrent très clairement que le prévenu est le boss de l’entreprise. Les clients et même le propre fils du prévenu abondent dans le même sens.

L’enquête a démontré que plusieurs clients ont payé des montants directement entre les mains du sexagénaire et que de nombreux mouvements comptables ont été effectués entre les comptes de la société et ceux, privés, du gérant:

Il a fallu attendre trois mois pour pouvoir vous interroger parce que vous étiez en vacances à l’Île Maurice où il semble que vous ayez des biens immobiliers. C’est anecdotique dans le dossier, mais sachez qu’un chômeur qui déclare partir en vacances, perd ses indemnités de chômage.

70 000€ touchés indûment

L’ONEM s’est portée partie civile et réclame le remboursement des 70 000€ (Rs 2,7 millions) perçus indûment par le Messancéen, ainsi qu’une indemnité de 1 000€ (Rs 39 000) pour dommage moral et une indemnité de procédure. Mme Horkens demande au tribunal un jugement sévère:

Peu importe l’enfumage que va nous raconter la défense, il y a clairement volonté de fraude. Le prévenu a assuré son insolvabilité pour que l’ONEM ne revoie jamais ses 70 000€. Et c’est bizarrement qu’il s’est réengagé comme salarié dans sa société dès que l’ONEM a interrompu sa prise en charge. Je demande au tribunal de le condamner à un an de prison et à 6 000€ (Rs 233 000) d’amende.

Me Claude Noirhomme, pour la défense, a regretté que le ministère public tente de donner une couleur noire au dossier en présentant mon client comme l’auteur d’une fraude organisée:

Ce n’est pas un spécialiste de la comptabilité. De bonne foi, il pensait que la perception des indemnités était normale.

Le jugement sera rendu le 15 juin.