Infirmiers mauriciens recrutés en Angleterre: Quel est le piège ?

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Deux mille livres, soit environ Rs 88 000 comme salaire de base. C’est ce que propose HR Pro Ltd, un cabinet de gestion de ressources humaines, basé à Maurice, aux infirmiers pour un emploi en Angleterre. Cent postes sont à pourvoir. Ce qui a de quoi faire réfléchir.




Suneeta* a voulu tenter sa chance. Elle a déjà passé un premier entretien et devrait en passer d’autres, dont un via Skype. Or, malgré l’engouement que ce salaire alléchant peut susciter, Anand*, infirmier dans un hôpital public dans le nord de l’Angleterre et qui compte plus de 25 ans dans le métier, conseille la prudence:

C’est un chiffre brut. Il faut non seulement déduire la taxe sur le revenu, mais aussi l’assurance nationale et la pension de retraite. Sans oublier le loyer. L’hôpital offre trois mois de logement seulement. Après, il faut chercher un endroit où habiter. Avec ce qui reste, vous ne pouvez vous offrir qu’un petit studio.

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Anand se souvient qu’il y a trois ans, un groupe de quinze infirmiers expérimentés mauriciens est arrivé dans une ville située près de Birmingham. Il raconte qu’après trois mois, ils ont plié bagage, accompagnés d’autres infirmiers britanniques:

Ils ont été choqués de voir ce qu’un Registered Nurse doit faire ici. Mo pas p décourage zot, mais mo conseille zot vin guetter d'abord.

Une autre infirmière abonde dans le même sens:

Ceux qui veulent travailler en Angleterre doivent se froter à la la réalité avant de faire le grand saut.

Elle se dit également surprise du salaire proposé:

The rent is outrageous in England. And there's a lot of tax to pay.

Dans un article du journal Metro, daté du 3 juillet, les chiffres du Nursing and Midwifery Council démontrent que des milliers d’infirmiers et de sages-femmes démissionnent du National Health Service, système de santé nationale financé par l’État en Angleterre. La cause ? Un volume croissant de travail, un maigre salaire et une chute du moral. Le nombre de personnes à avoir quitté la profession a augmenté de 50 % en quatre ans.

* prénoms modifiés