Histoire du surf: Le spot de “One Eye” découvert dans les années 1970

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Le Morne, à la pointe sud-ouest de Maurice, est reconnu a travers le monde comme l’un des meilleurs plans d’eau pour les sports de glisse, avec le spot de One Eye qui accueille régulièrement des compétitions internationales. Une vocation qui a mis du temps à se dessiner…




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Car jusqu’à la fin des années 1960 et le début des années 1970, Maurice n’attirait que très peu de touristes amateurs de sports de glisse et de vagues. Seuls quelques Mauriciens intrépides, parmi lesquels les frères Joël et Arnaud de Rosnay, déjà précurseurs du surf sur la Côte Basque française, s’amusaient dans les vagues du littoral sud-ouest. Avec eux, quelques voyageurs venant d’Australie, d’Afrique du Sud et des Etats-Unis, commmencèrent à populariser le surf sur la vague exceptionnelle de Tamarin, petit village de pêcheurs du sud-ouest de l’île. On était alors en pleine période hippie, les bikinis étaient à la mode et la musique des Beach Boys répandait la culture surf dans le monde entier.

Cependant, durant les jours sans vagues à Tamarin, les surfers australiens se mirent à explorer la côte vers le sud. Ils pensaient que la houle venant du sud et du sud-ouest atteignait plus facilement la pointe sud-ouest du Morne que la baie de Tamarin, plus au nord. Ils étaient à la recherche de LA vague parfaite. Et ils finirent par la trouver…

Au début des années 1970, le Morne n’abritait qu’un seul hôtel, à son extrémité nord. Tout le reste de la péninsule était inaccessible, à l’écart du monde, bordée par une plage déserte de 5 kilomètres et abritant une zone de pâturage clôturée et protégée du soleil tropical par une forêt de filaos (ou casuarinas). Pour accéder à la pointe sud-ouest, aussi connue comme Pointe d’Amour, il fallait marcher une heure. Mais en y arrivant c’était l’extase. Pas une âme, à part un troupeau de boeufs paissant en bordure d’un lagon aux eaux cristallines. Et au loin, juste derrière les récifs à l’entrée d’une passe étroite, une vague creuse qui vous fixe comme un oeil grand ouvert. LE spot parfait !

Le seul inconvénient était que le terrain tout autour de la pointe était privé et que le propriétaire n’aimait pas les visiteurs. Il n’hésitait pas à les chasser de sa propriété. Ce qui impressionnait aussi les visiteurs c’était son allure: il n’avait qu’un oeil…

A partir de ce moment-là, le spot du Morne fut baptisé “One Eye’s”, en référence au propriétaire des lieux. Il n’était fréquenté au départ que par un groupe assez select de surfers Australiens et Mauriciens qui osaient s’aventurer à la pointe sud-ouest du Morne. Entre le début des années 1970 et le début des années 1990, il est ainsi resté un secret spot. A part les surfers, la pointe sud-ouest n’étaient fréquentée que par les amoureux, quelques pêcheurs et les troupeaux de boeufs…

Le sud de la péninsule du Morne ne s’ouvrit au public que vers le début des années 1990 lorsqu’un hôtel et une route d’accès y furent construits. Depuis, toute cette partie du littoral a attiré, chaque année, de plus en plus de surfers, de funboarders, puis de kitesurfers. Les adeptes du surf, du kite-surf et maintenant du stand-up s’y rendent par dizaines. Et aujourd’hui, One Eye a atteint une renommée internationale.

Source: Histoires Mauriciennes