Fuite des cerveaux: Maurice premier pays africain concerné


Alors que Maurice serait le premier pays africain à être touché par le phénomène de la fuite des cerveaux – 41 % des diplomés universitaires mauriciens selon une statistique de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) -, le Fonds monétaire international (FMI) s’inquiète d’une situation plus générale qui pénalise gravement le développement de l’ensemble du continent africain.




Dans son dernier rapport sur les perspectives de l’économie mondiale, elle fait remarquer que le nombre de travailleurs qualifiés quittant l’Afrique subsaharienne augmente rapidement et constitue une véritable fuite de cerveaux.  Elle estime que ce nombre pourrait bondir de 7 millions en 2013 à 34 millions en 2050 avec près de 20 000 de travailleurs qualifiés qui partent chaque année, attirés par les pays du Nord. Ce qui fait de l’Afrique l’un des continents le plus frappé par la fuite des cerveaux.

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Au moins 16 pays africains ont perdu entre 51 et 75 % de leurs médecins formés alors que le continent en manque cruellement. Le FMI cite en exemple l’Angola, qui a perdu 70 % de ses médecins qui sont partis au Portugal, et le Congo Brazzaville a perdu 43 % de ses médecins. Paradoxalement, le continent dépense environ 4 milliards de dollars chaque année, destinés aux experts étrangers qui offrent leurs compétences afin de soulager cette hémorragie des cerveaux africains.

« Malheureusement, le système éducatif africain continue de former les Africains à l’économie d’hier. C’est un paradoxe qu’on continue de former massivement dans les universités des sociologues, des philosophes, des juristes… C’est bien, mais il n’y a pas assez d’opportunités pour ces compétences. Vous formez des gens à des niveaux bac+4 ou bac+5 et vous leur faites conduire des taxis moto en ville », souligne Didier Acouetey, président d’AfricSearch, un cabinet international de recrutement implanté en Afrique.