France: Grande marche contre le commerce des singes de Maurice


Environ 300 personnes (398 selon Pro Anima) ont manifesté, samedi 20 mai, à Nierderhausbergen près de Strasbourg, en France, pour exiger la fermeture du centre de primatologie Silabe (Simian Laboratory Europe). Selon les associations Pro Anima, Animalsace et Fight for Monkeys, organisatrices de la marche, il s’agit de l’un des principaux centres où les macaques de l’île Maurice ainsi que des singes du Viet Nam sont revendus pour l’expérimentation animale.




Les associations 269 Life, One Voice ou L 214 ont également participé au défilé, ainsi que des militants allemands. Ils ont brocardé « une science inefficace et barbare » pratiquant la « torture » sur les singes, et demandent « une science sans souffrance » incluant « l’abolition de la vivisection ». Les manifestants se sont ensuite couchés devant le palais universitaire pour marquer une minute de silence et pointer le fait que le centre Silabe dépend de l’université de Strasbourg.

Pro Anima rappelle que le centre de primatologie achète les singes entre Rs 1 200 et 2 800 selon le sexe et l’espèce, pour les revendre Rs 200 000 à des laboratoires pharmaceutiques tels que Covance, Sandoz, Hoffmann-La Roche, Servier ou Novartis. : une marge conséquente !

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« Avant d’arriver au centre Silabe, les singes voyageront dans la soute d’un avion entre 24 heures et 60 heures. Ceux qui parviendront à survivre au trajet seront stockés dans un sous-sol entre six mois et deux ans, en attente d’un acheteur. Une fois au laboratoire, leur vie sera encore plus atroce qu’auparavant. En plus de demeurer en cage, ils subiront d’horribles traitements : humiliations, coups, injections et ingestions de produits toxiques, ainsi que la vivisection et ce jusqu’à leur mort », explique Pro Anima.

« On ne vend pas des singes, on assure un service de quarantaine pour des sociétés qui s’occupent de les vendre », se défend-on au centre de primatologie. Cette activité commerciale permet de financer 90 % des activités du centre qui mène par ailleurs des recherches sur le comportement des primates. Des recherches « non-invasives », indique-t-on au centre, portant par exemple sur l’organisation des groupes sociaux et la relation dominant-dominé. Le centre précise également que les singes transitant par son service de quarantaine viennent de fermes agréées sur l’île Maurice et en Asie et souligne qu’ « une personne est totalement dédiée au bien-être des animaux ».

Les associations Pro Anima, Fight For Monkeys et Animalsace avaient déjà organisé des manifestation en mai 2015 et en octobre 2015 pour protester contre une circulaire préfectorale de 2014 autorisant le centre à passer d’une capacité d’accueil de 800 à 1 600 singes. Les événements avaient rassemblé plus de 450 personnes et selon Animalsace, ces manifestations étaient les plus grandes jamais réalisées en France contre l’expérimentation animale. Malgré un courrier adressée à la présidente de l’île Maurice Ameenah Gurib-Fakim, l’association Pro Anima regrette que les primates continuent toujours à être achetés à Maurice.