Facebook Commerce: Même les jouets sexuels s'achètent, se vendent et... s'échangent

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Le F-Commerce (Facebook Commerce) n'en est qu'à ses débuts, mais il s'agit d'une vraie tendance pour laquelle une forte croissance est prévue dans les années à venir. Tout s'achète, se vend et s'échange, même les jouets sexuels.




Si vous souhaitez vous lancer dès à présent dans le Facebook E-commerce, gardez en mémoire que vous devrez reproduire une expérience identique à celle que l’on peut retrouver sur votre site ecommerce. Le principal frein à l’achat sur Facebook restant pour ses utilisateurs le manque de confiance dans la sécurité des transactions, il vous sera nécessaire de mettre en place un système simple et fiable.

Dans cette optique, l'administrateur du groupe “Acheter, Vendre ou Echanger/Buy and Sell or Exchange in Mauritius”, Ravi Busgopal, nous a livré son opinion. Selon lui, cette page existe depuis près de 10 ans déjà et compte plus de 400 000 abonnés. Il reçoit entre 3 000 et 5 000 annonces par jour. Il s'est confié à Mo Ti News pour faire état des difficultés auxquelles il a eu à faire face depuis le lancement de ce groupe:

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Je me trouve souvent devant des annonces illégales. L'année dernière, un homme avait voulu faire la publicité des “babyguns” et malgré l'avoir supprimée, il a crée de nouveaux profils pour avoir accès davantage au groupe. Un autre cas concerne sous-marins qui est carrément illégale à Maurice. D'autres produits qui sont mis en vente sont les “sex toys”. Je peux vous assurer que la vente de ces gadgets se fait à une grande échelle à Maurice.

La proximité entre les acheteurs est une autre raison qui explique le succès de cette forme de commerce. En effet, la plupart des échanges se fait en direct de main à main entre les deux partis concernés, ce qui facilite les choses. La diversité des produits proposés est également un atout de ces groupes Facebook sur lesquels on peut trouver entre autres de l'électroménager, du multimédia, des vêtements et bien d'autres choses. Du côté des habitués de ces groupes, chacun a sa méthode pour améliorer ses techniques de vente.

Autre force de ces multiples groupes sur Facebook est la spécialisation. De nombreux groupes se consacrent ainsi à un domaine précis.

Les noms des différents groupes sont assez significatifs pour que chacun s'y retrouve. Mais la grande spécificité des groupes Facebook, c'est qu'ils permettent également d'offrir des produits non matériels. Des prestations de services sont également proposées.

Par rapport aux jouets sexuels, on peut même voir une page officielle sur Facebook, notamment le “Sextoys Mauritius”, où l'on peut retrouver toutes sortes de gadgets dont les prix varient de Rs 1 000 à Rs 3 000. Un vendeur de “sex toys” à Maurice nous en parle:

J'importe plusieurs types de gadgets de la Chine, notamment des menottes, des bandeaux pour couvrir les yeux, entre autres. Ces articles viennent dans des boîtes et ils s'écoulent auprès des intéressés sur Facebook. Les prix varient de Rs 500 à Rs 1 200 et les transactions se font en toute discrétion. Je postule mes annonces sur les groupes et la personne intéressée me contacte en privé. Par la suite, je fais la livraison personnellement.

L'avocat d'affaires Arvin Halkhoree estime que “concernant la vente des jouets sexuels sur les réseaux sociaux, il n'y a aucune loi qui régit les sex toys à Maurice”. Toutefois, il y a une loi selon laquelle on ne peut importer ou vendre des “obscene materials” chez nous.

La question est : qu'est-ce qu'un jouet sexuel et en quoi est-il considéré comme étant “obscene” ? “Cela dépend des officiers et je n'ai aucune idée comment cela se passe au niveau de la douane”, nous dit l'avocat. Il ajoute:

Les administrateurs de ces pages doivent avoir un contrôle sur leur page, être vigilants, surveiller la page et prendre les mesures nécessaires quand il le faut car c'est l'administrateur qui décide ce qu'il va laisser sur sa page.

L'avocat d'affaires s'est aussi exprimé sur le F-Commerce:

La vente à travers les pages et les groupes des réseaux sociaux n'est pas réglementée. Il y a rarement des services après-vente et les objets vendus ne sont pas durables. De nos jours, on peut obtenir toutes sortes de choses sur les pages ou les groupes Facebook, mais cela ne se fait pas tout le temps dans un cadre légal. Si c'est une compagnie qui a une licence d'opération valide et elle est enregistrée auprès de la MRA, il n'y a rien de mal de vendre les gadgets ou de faire de la publicité via les réseaux sociaux. Par ailleurs, si vous ne suivez pas toutes les critères d'opération, cela est illégal car ces gens-là n'ont pas de frais à payer. Ils font souvent le stockage à la maison et cela affecte les revendeurs. Si la vente à travers les réseaux sociaux n'est pas votre profession et si vous utilisez ces sites pour faire des petites annonces, c'est pratiquement légal. Car, si vous visez l'audience mauricienne et c'est un commerce basé à Maurice, il faut avoir toutes les autorisations.

Les groupes sur Facebook qui permettent l'achat, la vente et le troc sont en plein boom à Maurice depuis 2013. Cette forme de commerce possède nombreux avantages.

Bien loin de sa fonction initiale, Facebook semble avoir trouvé une seconde vie en devenant une plateforme d‘échange, d'achat et de vente. De nombreux groupes contenant les mots-clés «Maurice» et «Achat» dans leur intitulé, favorisent les échanges commerciaux entre particuliers dans le pays.

Ces groupes ont longtemps fonctionné grâce au bouche-à-oreille avant de connaître une forte croissance en 2014. Les utilisateurs du principal réseau social mondial y postent eux-mêmes leurs petites annonces. Désormais, ce sont plusieurs milliers de Mauriciens qui utilisent cette manière de faire du commerce.