Esclavage moderne: L'agriculteur réunionnais exploitait des ouvriers mauriciens


Sainte-Anne, La Réunion. Un agriculteur de 51 ans a été interpellé pour avoir fait travailler dans des conditions indignes des ouvriers mauriciens en séjour irrégulier. Fait rarissime, le parquet a décidé de le poursuivre pour «traite des êtres humains».




Arrivés comme "touristes", des ouvriers mauriciens ont été utilisés comme esclaves modernes pour casser des letchis.

Des journées de travail de 7 à 20 heures, un hébergement insalubre dans des cases en bois sous tôles, des repas constitués de deux boîtes de sardines et d'une baguette de pain pour trois personnes, un salaire de base à 50 euros par jour auquel étaient retirés les frais de transports, de nourriture et de logement. Une enquête de la Police aux frontières a permis de dévoiler des pratiques d'esclavage moderne chez un agriculteur de 51 ans installé dans les hauts de Sainte-Anne.

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L’agriculteur faisait venir de Maurice des travailleurs pour exploiter ses champs de cannes, d’ananas et ses vergers de litchis. Ce, en leur promettant des salaires en euros, qui même faibles pour l’île sœur restaient intéressants pour les Mauriciens.

Selon une enquête menée par la Police aux Frontières (PAF), une trentaine d’ouvriers mauriciens ont été victimes d’exploitation l’an dernier et cette année. Au parquet de Saint-Denis l’on indique que depuis 2012, environ 250 personnes dont des Réunionnais ont été employées dans des conditions inhumaines et hors la loi.

L’agriculteur faisait venir sa main-d’œuvre sous couvert de visas touristiques. Mais en 2014, la PAF a découvert le pot-aux-roses et lundi il a été placé en garde à vue. Il devra comparaître devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Quant au procès, il aura lieu en mars.

Que risque l’agriculteur ? Outre une peine d’emprisonnement, le quinquagénaire pourrait perdre toutes ses terres lors du procès. Plusieurs délits ont été retenus à son encontre, notamment traite des êtres humains, aide au séjour irrégulier, travail dissimulé et emploi d’étrangers en séjour irrégulier.