En Suisse: Le Mauricien avait transmis le VIH à son ex-épouse

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Pour la troisième fois, un Mauricien comparaît devant la justice suisse. Une autre conquête s’est jointe à la cause. L’accusé nie toute intention.




L’accusé à son arrivée hier matin au Tribunal de Montbenon, à Lausanne.

Acquitté par contumace en première instance en mai 2016, le prévenu de 39 ans n’a pas eu la même chance en Cour d’appel en novembre dernier. Les juges du Tribunal cantonal (TC) ont estimé qu’en plus de l’infraction de propagation d’une maladie de l’homme, la question des lésions corporelles aurait aussi dû être examinée en première instance. Il y a un an, le procureur Laurent Contat avait précisément tenté l’aggravation des qualifications.

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Omissions à répétition

Hier matin à Lausanne, le Mauricien s’est présenté devant le Tribunal d’arrondissement, comme il a su le faire au TC, toujours aussi sûr de son fait. «Je n’étais pas au courant avant septembre 2013. Je ne me savais pas porteur du sida (ndlr: et de l’hépatite C) avant mon mariage», martèle Jonathan*, en trithérapie efficace au CHUV. Ce fameux mois de septembre où, au détour d’une consultation pour un zona ophtalmique, il dit découvrir sa séropositivité, et, partant celle de Martine*, son ex-épouse, ignorant tout du sida de son mari. Contaminée et sous traitement à vie, la plaignante a demandé à être dispensée. Devenue maman d’un petit garçon en pleine santé, elle n’a plus la force et veut passer à autre chose. Avant son mariage éclair avec la trentenaire vaudoise, Jonathan a également fréquenté dans son pays plusieurs partenaires homosexuels et hétérosexuels sans jamais faire usage d’un préservatif.

Suite au récit de cette affaire dans les journaux suisses, une femme a identifié son ex-compagnon et s’est fait connaître. Elle, aussi, a eu des relations non protégées avec Jonathan après son divorce. Si Anne* n’a pas été infectée par le VIH, elle prétend avoir découvert le pot aux roses par une facture du CHUV laissée intentionnellement en évidence par son concubin, incapable de lui en parler de vive voix. «Il m’a dit que son ex-femme lui avait transmis le sida», lâchera-t-elle. Elle affirme en outre qu’il l’aurait frappée au visage. Dans son second acte d’accusation, le procureur Laurent Contat a retenu les lésions corporelles simples qualifiées, les voies de fait et la tentative de propagation d’une maladie de l’homme. Il a été donneur de sang à Maurice pendant longtemps. La justice vaudoise n’est jamais parvenue à obtenir un document qui atteste du statut infectieux de l’individu avant 2013.

Jugement encore repoussé

La défense a bien essayé de renvoyer l’audience d’hier matin. Sans succès face à une présidente de tribunal, Valérie Favre, déterminée à en finir avec ce dossier-fleuve. Fausse joie. Suite aux déclarations à la barre d’un spécialiste des maladies infectieuses du CHUV, la Cour a commencé à douter. Anne a-t-elle hérité de l’hépatite C de Jonathan ou pas ? En accord avec toutes les parties aux débats, un complément d’instruction a été ordonné. Le jugement n’est pas près de tomber à l’encontre de cet homme, prévenu depuis des années, sans emploi et en procédure de recours au TF pour obtenir un statut de séjour sur sol helvétique.

* prénoms modifiés

Source: Le Matin