Elle n'est pas embauchée en raison de son hijab

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En s’obstinant à porter le voile sur son lieu de travail, Zeenat Garia-Tegally, a payé le prix fort.




Zeenat Garia-Tegally

La jeune femme âgée de 30 ans a dû renoncer à son emploi en trois occasions et se retrouve ainsi au chômage. Excédée, elle veut se battre pour que cesse la discrimination envers les femmes voilées.

Le mois dernier, la trentenaire a postulé pour un emploi comme vendeuse dans un magasin de renom.

Elle a été contactée par téléphone pour un entretien d’embauche. Sur place, la mère de famille est accueillie avec le sourire par une responsable. Tout s’est bien passé et la recruteuse lui a même dit de se préparer pour prendre le travail dans deux jours. On lui a demandé son numéro de compte bancaire et un certificat de moralité. Zeenat était heureuse car cet emploi allait lui permettre de contribuer au budget familial.

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Son mari et elle s’organisent alors pour déposer leur bébé chaque jour. Alors qu’elle rentrait chez elle le même jour, elle reçoit un appel de la recruteuse qui l’informe  qu’elle ne pourrait porter le voile sur son lieu de travail:

Malheureusement pas pou gagne droit mette voile ek couvert la tête kouma ou rentre dans magasin.

Zeenat est choquée et ne trouve pas de mots pour répondre à son interlocutrice. Quelques minutes après, la même personne l’appelle pour lui demander ce qu’elle avait décidé. Zeenat lui fait comprendre qu’elle ne pourrait enlever son voile et s’il n’y avait pas un autre poste au magasin où elle pourrait porter le hijab. Elle reçoit une réponse négative. Se sentant impuissante, Zeenat a beaucoup pleuré. Ce n’est pas la première fois qu’elle a été limogée à cause de son hijab.

En effet, il y a quelques années elle était employée dans une grosse boîte. Elle était dans le besoin et avait été obligée d’accepter d’enlever son voile dès qu’elle pénétrait dans la cour de l’entreprise. Elle raconte:

Mo pas ti ena choix parski mo ti bizin ca travail la pou faire vive mo famille.

Incapable de supporter plus longtemps une telle humiliation, Zeenat donne sa démission et postule pour un autre emploi dans le privé. La même politique est en vigueur au sein de cette compagnie. On lui dit:

Soit ou enléve ou voile soit ou démissionner.

Elle accepte d’endurer cette souffrance pendant deux ans. Elle nous dit:

Kouma rentre dans mess mo ti obliger enléve mo hijab. Chaque jour mo ti en larmes.

Après deux ans elle prend la décision de démissionner et rester chez elle.

Zeenat est d’avis que la décision de ne pas permettre l’embauche des femmes voilées porte atteinte à sa foi religieuse. D’après la Constitution de Maurice chacun a le droit de vivre sa religion en toute liberté. Elle compte porter plainte à l’Equal Opportunity Commission (EOC).