[Document] Le Mauritius Turf Club contre la nationalisation des courses

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Les dispositions du Gambling Regulatory Authority (GRA) Act feront demain l’objet d’amendements fondamentaux proposés par le Finance Bill 2017 qui aboutiraient à terme à une nationalisation des courses hippiques. Le Mauritius Turf Club (MTC), avec le soutien des entraîneurs, de l’Association des propriétaires (AEPS) et des palefreniers, condamne cette approche unilatérale et demande au gouvernement de surseoir à ces changements.




Dans un communiqué, le MTC estime que si la loi est votée dans sa forme actuelle, « l’industrie hippique locale serait à la merci des seuls pouvoirs publics et pourrait connaître le même sort que d’autres sports, jadis populaires tel que le football. » Il regrette de n’avoir été « à aucun moment, consulté par rapport à ces changements », alors qu’il organise les courses hippiques depuis plus de 200 ans.

« Ces amendements auront un impact négatif indéniable sur l’avenir des 350 employés à plein temps et environ 1500 à temps partiel et tous ceux qui vivent et dépendent de l’industrie hippique. Pire il aura aussi des conséquences néfastes sur l’investissement étranger qui est très réfractaire à l’interventionnisme étatique », estime le MTC.

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La première conséquence, selon lui, serait la non-reconnaissance des courses par la Fédération internationale des autorités hippiques (Fiah), car le MTC est aujourd’hui reconnu mondialement comme la seule « Recognised Horseracing Authority » à Maurice de par son affiliation à la Fiah dont le siège est à Paris.

« Toute mainmise étatique sous quelque forme que ce soit ne saurait être acceptée par la Fiah. Les amendements proposés au GRA Act équivalent à une ingérence de la GRA dans les affaires internes du MTC, ne respecteraient plus la procédure internationale et les courses mauriciennes opèreraient donc dans une zone illégale. On court le grave risque qu’une sanction prise par le MTC contre un jockey ou tout autre licencié ne soit pas reconnue et appliquée par tout autre pays membre de la Fiah », fait valoir le MTC.

La formule préconisée par le Finance Bill permettrait à la GRA de remettre en question toute décision prise par le MTC, ses administrateurs ainsi que ses commissaires aux courses, tout en influençant la composition du comité d’appel, et en conséquence ses décisions, estime;e MTC. Ce qui reviendrait à « accorder à la GRA, donc à l’État, un contrôle absolu sur l’organisation, l’administration, et même tout ce qui touche au déroulement des courses hippiques locales. »

De même, permettre à la GRA de fixer le montant des redevances pour l’utilisation des « race cards» et « racing fixtures » du MTC auprès des opérateurs de paris représente aux yeux du MTC une « ingérence inacceptable de la GRA dans les relations contractuelles privées entre le MTC et ses cocontractants et viole le principe fondamental de la liberté contractuelle. Le MTC qui est une association à but non lucratif, ne ma140triserait plus 70 % de ses revenus. La GRA disposerait ainsi d’une arme redoutable pour contraindre et ruiner le MTC économiquement. »

 

Source: Info Maurice