Des jeunes Mauriciennes monnayent leurs charmes sur internet


Leur activité est illégale à Maurice. Mais nombre de jeunes femmes mauriciennes n’hésitent pas à braver les interdits en vendant leurs charmes à travers la webcam, moyennant un paiement. L’une d’elles, Anaïs, a accepté de se confier sur ce métier qu’elle considère comme un autre.




Vendredi soir, 20 h. Anaïs*, 25 ans, n'est pas sortie faire la fête comme la plupart des jeunes de son âge. Pour cause, elle a besoin d'argent. Elle a un fils de 3 ans à nourrir.

20 h 15. Webcam connectée. Confortablement installée dans son canapé, décolleté plongeant et petite culotte rose pastel, Anaïs attend le client.

Comme des milliers d’autres filles à la même heure, elle guette le message, le commentaire, le “Salut bébé” d’un utilisateur de passage ou d’un consommateur fidèle.

Anaïs est ce qu’on appelle une “cam girl”. Un pur produit made in internet. Une de ces jeunes filles qui, pour quelques roupies (elle nous confie qu'elle fait entre Rs 500 et Rs 600 par heure), consentent à dévoiler leur corps à des visiteurs anonymes de l’autre côté de l’écran.

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Striptease, danse érotique, masturbation ou simples conversations, elles s’exhibent en toute décontraction. Rien qui puisse être assimilé à de la prostitution, puisqu’il n’y a absolument aucun contact physique.

Un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur aux dires d'Anaïs - elle a beaucoup d'amies dans le métier.

Un rapide coup d’œil sur les sites où “vivent”, dansent, mangent et se trémoussent les cam girls (Chaturbate, Wizzcam Files, Erotica Guids, Cam4, pour ne citer que les plus fréquentés) suffit pour se rendre compte de la diversité des langues, looks, morphologies et origines du “catalogue” : filles, couples, garçons, il y en a pour tous les goûts.

Pour devenir cam girl, rien de plus simple: il suffit de disposer d’une webcam, de tenues sexy et d'un endroit discret. Des slogans aguicheurs comme “Commencez à gagner beaucoup d’argent, c’est simple, gratuit et amusant” accompagnent bien souvent le formulaire et les conditions d’inscription. C'est comme ça qu'Anaïs a été amenée à pratiquer cette activité à l’insu de ses proches. Une de ses amies l'a aussi guidé au début.

Auparavant, Anaïs travaillait comme téléopératrice. Il y a huit mois, l’une de ses amies l’approche. Anaïs raconte:

C’est un choix. Personne ne vous oblige à le faire. C’est un métier comme un autre avec des risques mais qui sont calculés. Je me suis inscrite sur un site professionnel. Il existe aussi des sites qui vous arnaquent et vous demandent de soumettre une vidéo de vous pour vous faire chanter par la suite. Il faut être vigilant. Je ne touche pas de prime si je refuse de me connecter avec un client. Par jour, je peux me faire trois ou quatre clients. À travers mon profil qui apparaît sur le site, je fais connaître ma disponibilité pour un live chat.

Elle nous explique que le système de paiement est simple.  Le site paie en tokens ou monnaie virtuelle. Dix tokens valent un dollar.

Tout dépend de notre performance et de la satisfaction du client et aussi du type de shows que l’on propose. Il y a le flashboobs lorsqu’on montre les seins, qui peut rapporter entre 100 et 300 tokens. Tout est suivi par le responsable du site. Notre travail est de garder en ligne un client le plus longtemps possible car s’il ne prend pas le forfait, il est facturé à la minute.

Le cas d’Anaïs n’est pas isolé. Le site regorge de cam girls mauriciennes et il est difficile d’y avoir accès. Mais Anaïs confie aussi qu’elle ne connaît pas toutes les jeunes femmes qui y sont inscrites, étant amie avec seulement quelques-unes d’entre elles.

Selon la Cybercrime Unit de la police, ce type de pratiques est illégal et toute personne qui s’y adonne sera poursuivie, notamment sous une charge de dealing with obscene matter.

* prénom modifié




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