Canada: Shakti Ramsurrun raconte son triple meurtre

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Au palais de justice de Gatineau, Shakti Ramsurrun, accusé du meurtre de son épouse et de ses beaux-parents, a raconté vendredi comment le drame s'était passé. Il a dit qu'il attendait depuis cinq ans pour donner sa version des faits.




Anne-Katherine Powers et Shakti Ramsurrun au temps des jours heureux.

En mai 2012, Shakti Ramsurrun est complètement défait. Le ressortissant mauricien vit depuis décembre 2011 au pays, avec sa femme Anne-Katherine Powers et leur bébé dans la maison de ses beaux parents, Louise Leboeuf et Claude Lévesque.

Sa belle-mère est omniprésente dans leur vie. De quatre à cinq fois par semaine, Louise Leboeuf fait ce qu'elle appelle des canalisations. Elle se couche au son de la musique et affirme entrer en contact avec des esprits supérieurs. Ce sont ces esprits qui la guident dans ses décisions.

Après des canalisations, Louise Leboeuf décrète que sa fille doit se séparer. C'est aussi elle qui annonce à son gendre qu'il y aura divorce.

Même s'il vit encore dans la même maison que le reste de la famille, Shakti Ramsurrun voit de moins en moins son enfant. Sa belle-mère impose une limite quotidienne au temps passé entre le jeune père et son fils. Elle l'empêche aussi d'aller chercher son enfant à la garderie.

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Le jour du drame

Le 23 mai 2012, Shakti Ramsurrun découvre de façon fortuite que la mère de son fils, Anne-Katherine Powers, a un rendez-vous avec un autre homme. Le jeune père éclate en larmes.

Suicidaire, il veut partir et dit qu'il va revenir voir son enfant. Sa belle-mère ne veut pas qu'il ait l'enfant. Son beau-père lui touche l'épaule.

M. Ramsurrun a raconté aux jurés:

Je pleurais beaucoup. Je pleurais tellement, je ne voyais plus rien. Il y avait du sang partout. Louise était blessée. Louise était dans mes bras.

En pleurant abondamment, le jeune homme a expliqué que son cerveau ne fonctionnait pas.

Qui est mort en premier? Je ne sais pas. Ce n'était pas dans mon contrôle. Je n'ai jamais planifié tuer personne.

Le ressortissant mauricien a tout nettoyé avant de se sauver à Ripon avec son enfant. Il reviendra quelques heures plus tard à Aylmer, où il sera arrêté.

M. Ramsurrun a affirmé en sanglotant:

Ce n'est pas une histoire d'argent. C'est juste une histoire d'amour qui a mal tourné. Je regrette beaucoup, je veux demander des excuses à la famille, à la société. J'aimais cette famille et je l'aimerai toujours.

Son contre-interrogatoire commence aujourd'hui, lundi 15 mai.