Canada: Shakti Ramsurrun avait enroulé ses victimes dans des couvertures


Après les avoir présumément assassinés, Shakti Ramsurrun, l’homme natif de l’Île Maurice aujourd’hui âgé de 33 ans, a enveloppé son ex-conjointe et ses parents dans des couvertures de flanelle, les a placés sur le sol de la cuisine, puis a quitté la résidence en compagnie de son jeune fils.




Anne-Katherine Powers et Shakti Ramsurrun.

Le premier policier à s’être pointé au 64, rue Félix-Leclerc l’après-midi du 24 mai 2012 est venu raconter au jury lundi à quelle scène d’horreur il a été confronté en pénétrant à l’intérieur de la maison.

C’est à 13h15 que l’agent Shawn Lafleur du Service de police de Gatineau a entendu sur les ondes radio qu’un meurtre était possiblement en cours à cette adresse du secteur qu’il patrouillait cette journée-là.

Ramsurrun venait alors de débarquer au Club de golf Rivermead avec son jeune fils, racontant à ses collègues de travail que des hommes masqués avaient tenté de voler son enfant la veille et qu’ils avaient assassiné sa famille.

Arme de service à la main, le policier a d’abord fait le tour de la maison pour s’assurer de l’absence de danger, puis a aperçu les trois corps gisants en s’approchant de la porte-patio donnant sur la cour arrière.

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Shakti Ramsurrun est accusé de triple meurtre.

J’ai demandé à un voisin qui travaillait sur son terrain s’il avait vu ou entendu quelque chose. Il m’a répondu que non et qu’il était à l’extérieur depuis 10h.

D’un solide coup de pied, il a enfoncé la porte pour pénétrer à l’intérieur.

Je me suis introduit avec mon arme à la main. Je me suis identifié en tant que policier et j’ai demandé si quelqu’un avait besoin d’aide.

Ni une ni l’autre des victimes ne présentait de pouls. Qui plus est, chacune avait la peau bleutée et rigide, a relaté le policier.

Je n’ai pas ouvert les couvertures au complet. J’ai seulement exposé leur visage jusqu’à l’arrivée des ambulanciers. Ce qui m’a frappé c’est qu’il n’y avait presque pas de sang sur les draps, malgré les graves blessures infligées à l’homme et aux deux femmes.

Anne-Katherine, l’ex-conjointe de l’accusé, «avait été plus préservée» que sa mère et son beau-père. «Un manteau de fourrure avait été placé sous sa tête pour son confort», a relaté le témoin de la poursuite.

La jeune femme de 20 ans avait récemment annoncé à Ramsurrun la fin de leur relation amoureuse, après avoir découvert qu’il entretenait une relation à distance avec une ancienne flamme.

L'idylle de l'accusé avec l'une des victimes

Mercredi, c'est Dominique Marleau, la fille d'une des victimes du triple meurtre qui a témoigné à la barre en fin de journée pour décrire l'idylle entre sa demi-soeur Anne-Katherine Powers et Shakti Ramsurrun.

D'une voix calme et posée, l'une des filles de Louise Leboeuf, Dominique Marleau, a raconté aux jurés comment l'amour est né entre Anne-Katherine Powers et l'accusé.

L'idylle a pris naissance en décembre 2009. Shakti Ramsurrun travaille alors sur le bateau de croisière où voyagent Anne-Katherine, sa mère Louise Leboeuf et son beau-père Claude Lévesque. Il est le serveur attitré à leur table au restaurant.

L'amour grandit rapidement au point où 5 mois plus tard, après avoir échangé courriels et appels, Anne-Katherine s'envole vers l'île Maurice avec son amoureux.

Shakti Ramsurrun loue une maison pour avoir une intimité avec la jeune fille. Il vient d'un milieu très pauvre. La maison familiale qui ne compte qu'une pièce est bâtie sur de la terre battue, il n'y a ni eau courante ni toilettes. Les parents de Shakti, ses frères et soeurs et même quelques neveux et nièces vivent tous ensemble dans cette maison.

Anne-Katherine tombe rapidement enceinte. Elle se fiance, puis se marie avec Shakti et, en mars 2012, accouche d'un fils. Ses parents, Louise et Claude, viennent l'aider. Ils louent dans cette petite île de l'océan Indien une maison où logent avec eux leur fille, son conjoint et leur bébé.

En mai 2011, Anne-Katherine revient vivre au Canada avec son fils de 3 mois. Elle s'installe dans la maison de ses parents dans le secteur d'Aylmer, à Gatineau.

Shakti Ramsurrun vient les rejoindre 6 mois plus tard, en décembre, dès qu'il obtient ses papiers. Selon la témoin, Dominique Marleau, c'est un beau Noël, et tout le monde semble heureux.

Trois mois plus tard, en mars 2012, Dominique Marleau apprend que le jeune couple est séparé. Louise Leboeuf est inquiète, elle veut éloigner Shakti Ramsurrun de sa fille Anne-Katherine. Elle souhaite que son gendre, sans emploi, déménage chez son autre fille, Dominique, la témoin. Cette dernière est d'accord, mais Shakti refuse. Il veut rester près de son fils le plus possible avant de retourner éventuellement à l'île Maurice. Il aurait dit qu'il ne voulait pas voir un autre homme élever son enfant.

Dominique Marleau a également raconté au jury les confidences que lui aurait faites Anne-Katherine : Shakti Ramsurrun a des problèmes, il est alcoolique et violent. La jeune mère craint de laisser son enfant seul avec lui. Il veut boire et sortir. Anne-Katherine affirme que tout les sépare et que ça ne vaut même pas la peine d'essayer de redonner vie au couple.