Basheera, toxicomane depuis l'âge de 13 ans: “Mon réssi sorti ladans pou mo zenfants”

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Poussée par un sentiment de révolte, Basheera Sheik Amodine, 31 ans, a été entraînée dans l'engrenage de la drogue. Elle était encore trop jeune pour mesurer les conséquences de son acte. Sa vie va alors se basculer sans qu'elle ne se rende compte.




Basheera et ses deux filles, Aliya et Aliza.

Basheera a bien voulu faire ce témoignage, pour que d'autres ne commettent pas la même erreur:

N'essayez jamais de prendre de la drogue même pour le plaisir. Une fois que vous êtes dans ce cercle infernal, vous devenez son prisonnier.

Ses deux filles étaient assises sur un petit lit à côté d'elle. Elle nous raconte sa descente aux enfers:

J'étais en Form II au Madad -ul-Islam Girls College. J'aimais mon école et mes études jusqu'au jour où soudainement j'ai commencé à me dégoûter de tout.

A la maison, ses parents imposaient sur elle des conditions très strictes. Elle ne pouvait même pas se rendre chez ses cousins et cousines. Un jour, profitant de leur absence, elle est sortie et a rencontré un groupe de jeunes qui prenaient de la drogue. Elle leur a posé la question:

Ki zot p faire la ?

Les jeunes lui répondirent:

Nous p mette nissa.

Elle répliqua:

Ki été ca nissa ?

La réponse des jeunes:

B vin zouen ar nous lerla to pou koner.

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Conditions strictes

Ignorant le danger auquel elle allait s'exposer, elle a commencé par sniffer de la colle. Sa vie va alors basculer. Et ce, malgré tous les efforts de ses parents pour la sortir de là. Finalement ses parents décidèrent de la marier avec l'espoir qu'elle allait changer. Basheera raconte:

Mo ti ena 15 ans kan mon maryé ar Ahmad. Mo ti vin ene nuisance pou mo famille. Kan mon maryé ar Ahmad, ti ene l'occasion pou mwa pou sorti dépi dans lakaz.

Après le mariage, son mari a fini par apprendre la vérité sur elle. ll fait tout pour la sortir de là, mais en vain. Ses beaux-parents ne la portent pas dans leur coeur. Une fois de plus, Basheera est devenue la mal aimée.

Elle a eu deux filles, Aliya et Aliza, aujourd'hui âgées de 13 et 11 ans respectivement.

En 2014, elle perd son mari, le seul être qui la soutenait. A peine une semaine après, ses beaux-parents la mettaient à la porte, lui refusant la garde de ses enfants. Basheera poursuit:

Au lieu rétourne kot mo parents, mon préfère mo liberté parski dans tipti mo parents pas ti p laisse mwa sorti dépi dans lakaz ditou. Après impé létemps, mo tifi Aliya in téléphone mwa pou dire mwa ki zot gagne maltraiter ek boukou batter laba. Li dire mwa vin cherche zot. Mais mo pas ti ena ene travail fixe. Mon obligé rétourne kot mo parents. Mo ti p droguer en même temps.

En 2014, Basheera fait une overdose, mais réussit à s'en sortir. Elle rechute une nouvelle fois en 2015. Elle raconte:

L'année dernière mo 2 tifis in demande mwa rétourne lakaz ek arrêter ar ca la vie la. Zot ti p gagne peur pou zot mwa ek pou zot même.

Prise de remords, elle est allée au Centre La Chrysalide à Bambous pour une cure de désíntoxication de six semaines et pour suivre un traitement thérapeutique pendant six mois. Avec beaucoup de volonté, Basheera réussira à sortir de cet enfer. Elle explique:

Arriver parfois mo gagne tentations. Mais lerla mo pense mo 2 zenfants. Zot même zot mo raison vive. Azordi mo travaille comme responsable dans ene supermarché ek mo fier mon réssi sorti dépi ca l'enfer la.