Platinum Card : Dix raisons pour une commission d'enquête

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Nous le prenons au mot. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, voulait des éléments justifiant l’institution d'une commission d’enquête sur toute l’affaire Sobrinho. Voici dix bonnes raisons.




6. Que cache le Planet Earth Institute ?

Que cache le Planet Earth Institute ?

Seuls deux projets ont été réalisés depuis l’implantation du Planet Earth Institute (PEI), dont Alvaro Sobrino est le fondateur, à Maurice en novembre 2015. Il s’agit du Dr Ameenah Gurib-Fakim PhD Scholarship Program, un programme de doctorat pour les étudiants africains, et Step Up, un programme pour encourager les Science, Technology, Engineering and Mathematics (STEM) subjects à Maurice.

Huit des neuf boursiers n’ont finalement pas eu l’opportunité de réaliser leurs études de doctorat à l’étranger, comme promis. Quant au projet Step Up, seulement des élèves d’écoles privées y ont eu accès. Pourtant, le budget du PEI à Maurice s’élevait à $ 6 milliards, offerts par la Bill and Melinda Gates Foundation. Qu’est-il advenu de cet argent ?

L’autre projet du PEI : un incubateur d’entreprise. Ce projet avait été annoncé par le PEI dans un communiqué à la presse le 26 novembre 2016. Pourtant, un porte-parole du PEI avait affirmé que le projet d’incubateur d’entreprise est un projet de l’Alvaro Sobrinho Africa (ASA) Ltd et pas du PEI.

Le rôle de la présidente en tant que Vice-Chairperson du PEI a aussi fait l’objet de controverses. La Constitution du pays précise que la présidente ne peut pas hold any other office of emoluments ou exercise any profession or calling or engage in any trade or business

7. Le rôle de Dass Appadu laisse perplexe

Le rôle de Dass Appadu laisse perplexe Dass Appadu

Dass Appadu était, jusqu’à novembre 2016, secrétaire à la présidence. À cette période, il est transféré à la Fonction publique pour y occuper le poste de Permanent Secretary. En février 2017, le haut fonctionnaire prend un congé sans solde d’un an pour travailler pour la compagnie Vango Properties Ltd, fondée par Alvaro Sobrinho.

Sa proximité avec Alvaro Sobrinho débute, pourtant, lorsqu’il travaillait encore pour la State House. En effet, Dass Appadu a bénéficié de deux voyages aux frais du PEI. Aurait-il aussi obtenu une berline enregistrée au nom d’Alvaro Sobrinho ?

Autre fait qu’il reste à confirmer : Dass Appadu a-t-il appelé huit fois au département Licensing de la FSC dans le cadre des demandes de permis pour les sociétés d’Alvaro Sobrinho, comme l’a demandé Roshi Bhadain au Parlement ? Pravind Jugnauth avait répondu qu’il allait s’enquérir mais jusqu’ici, pas de réponse.

8. Royal Park : ces villas controversées

Royal Park : ces villas controversées

En 2014, les demandes d’investissements d’Alvaro Sobrinho dans l’immobilier lui sont refusées. Pourtant, Mo Ti News a exposé les pressions exercées sur le BoI pour que l’Angolais obtienne la permission de s’approprier 12 villas du Royal Park Balaclava.

Aujourd’hui, Alvaro Sobrinho ne peut prétendre à ses 12 villas parce qu’il n’arrive pas à remplir les conditions imposées par le BoI. L’institution a refusé une demande d’extension de la date butoir et de modification des conditions. D’où viennent les pressions ?

Dans sa PNQ du 4 avril 2017, Xavier Duval explique qu’un Senior Minister a accompagné Alvaro Sobrinho lors de ses visites au Royal Park. Les regards se seraient tout de suite tournés vers Ivan Collendavelloo. Ce dernier, qui avait avoué “avoir regardé dans les yeux d’Alvaro Sobrinho” et avoir compris que son argent était “clean”, est l’avocat de Bernard Maigrot (promoteur de Royal Park) dans l’affaire Vanessa Lagesse. Mais Ivan Collendavelloo ne serait pas le seul lien qui relierait Bernard Maigrot au gouvernement. Un membre proéminent du MSM qui avait, d’ailleurs, très mal réagi aux commentaires de Xavier Duval à la suite de la PNQ, serait aussi très proche du promoteur.

9. Démission de la FSC et le rapport Kroll

Démission de la FSC et le rapport Kroll Dhiren Dabee

Le 6 juin 2017, Xavier Duval remet un document à la presse. Il s’agit d’un rapport de la firme américaine Kroll qui fait état de la “très mauvaise réputation” d’Alvaro Sobrinho dans le monde des affaires. Le leader de l’opposition avait notamment déploré le fait que l’interdiction d’opérer pesant sur les entreprises liées à Sobrinho ait été levée.

Fait notable, les démissions de Dhiren Dabee et de trois autres membres du conseil d’administration de la FSC coïncident avec la période durant laquelle le rapport Kroll sur Alvaro Sobrinho a été rendu public par Xavier Duval, soit début juin. Cependant, le principal concerné a fait comprendre qu’il avait démissionné par la faute d’un “emploi du temps trop surchargé comme Solicitor General et dans les autres organismes” au sein desquels il représente l’État.

Yandraduth Googoolye, alors First Deputy Governor de la Banque de Maurice, a succédé à Dhiren Dabee comme vice-président de la FSC. L’une des premières décisions approuvées par ce proche du clan Jugnauth, est justement d’avoir enlevé les interdictions pesant sur les entreprises de Sobrinho. Ce lors d’une réunion un samedi. Sur quels critères a-t-il pris cette décision ? Le saura-t-on un jour ?

10. Pourquoi les compagnies de Sobrinho opèrent-elles toujours ?

Pourquoi les compagnies de Sobrinho opèrent-elles toujours ? Alvaro Sobrinho

Depuis avril 2016, deux associés de l’homme d’affaires angolais, Mauricio Fernandes et José Pinto, font l’objet d’une enquête à Maurice car on les soupçonne d’avoir menti lors de leurs demandes pour obtenir des licences dans le Global Business auprès de la FSC. En effet, lors de cet exercice, ils avaient listé Goolam Mohamedbhai et Iqbal Rajahbalee comme conseillers juridiques et financiers. Chose que les deux professionnels ont niée.

Malgré le fait que l’enquête continue, la FSC n’a pas jugé bon de suspendre les licences concernées. En outre, Alvaro Sobrinho fait lui-même l’objet de plusieurs enquêtes au Portugal et en Suisse. Ce, car il est soupçonné d’avoir fait tomber la Banco Espirito Santo Angola, dont il était le directeur général. On soupçonne qu’il en aurait détourné $ 600 millions. Par conséquent, en ce moment, 160 millions de francs suisses sont gelés et une enquête du gouvernement suisse sur la provenance de cet argent est en cours.

Au Portugal, ses avoirs ont été gelés trois fois puis relâchés. Mais en ce moment, on soupçonne l’Angolais d’avoir, par le biais de son avocat, payé l’ex-juge Rui Rangel pour faire lever le gel sur ses affaires.