Platinum Card : Dix raisons pour une commission d'enquête

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Nous le prenons au mot. Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, voulait des éléments justifiant l’institution d'une commission d’enquête sur toute l’affaire Sobrinho. Voici dix bonnes raisons.




1. Des avis qui divergent

Des avis qui divergent Navin Ramgoolam

Le leader du PTr, Navin Ramgoolam, en a parlé lors de sa conférence de presse vendredi : Alvaro Sobrinho a approché le Board of Investment (BoI et qui fait désormais partie de l’Economic Development Board) en juin 2014. Sa demande pour investir et acheter des biens immobiliers a cependant été rejetée par l’instance, après un exercice de due diligence.

Le BoI adoptera cette même posture. Lorsque l’homme d’affaires cherche à acheter plusieurs villas dans le complexe Royal Park, il est informé qu’il pourra en faire l’acquisition uniquement s’il arrive à remplir des conditions strictes imposées par le BoI en 2017. À ce jour, Alvaro Sobrinho n’a pu honorer les critères du BoI.

Dans les milieux de la haute finance, l’on précise que le BoI a maintenu une posture constante, surtout après avoir effectué des exercices poussés de due diligence. Mais pendant ce temps, la FSC a, elle, octroyé plusieurs licences d’investissement à l’homme d’affaires controversé. On se demande :

Comment le BoI peut-il refuser de laisser investir Sobrinho à Maurice,alors que la FSC n’a,elle,rien eu à redire ? Comment peut- on avoir deux avis si différents ?

Et d’ajouter que seule une commission d’enquête peut apporter une réponse à cette question.

2. Le mystérieux déjeuner à la State House

 Le mystérieux déjeuner à la State House

Que s’est-il passé lors de ce fameux repas à la State House ? Plusieurs sources précisent que l’évènement aurait été organisé par la présidente elle-même, avec pour but, de présenter l’homme d’affaires controversé à au moins deux personnes hautement placées à l’hôtel du gouvernement.

Il aurait été question alors de discuter sur les moyens permettant de faciliter les dossiers d’Alvaro Sobrinho et faire de sorte que ses permis lui soient donnés sans anicroches. Quelles pressions ont été exercées ? A-t-on tenté d’influencer les procédures ? Le flou persiste.

3. Les lois “oubliées” par la FSC

Les lois “oubliées” par la FSC Alvaro Sobrinho

18 août 2015. C’est la date à laquelle Alvaro Sobrinho prend un premier contact avec la FSC dans le but de faire trois demandes pour opérer des Global Companies dans le secteur mauricien des services financiers. Fait notable, lors d’un exercice de due diligence mené par la FSC, les antécédents de l’Angolais font surface. La FSC demande plud d'informations et accorde finalement les licenses le 28 août 2015.

En 10 jours seulement, la FSC a donc procédé à deux exercices de due diligence. Ont-ils été faits comme il se doit en si peu de temps ? Car la Financial Services Act évoque dans une clause que l’instance devrait être s’assurer que the applicant is fit and proper. Lors d’une PNQ en avril 2017, le leader de l’opposition, Xavier Duval, a questionné le délai dans lequel les licences ont été octroyées.

Dans un communiqué long de trois pages datant du 2 mars 2017, l’instance régulatrice a rejeté tout blâme dans la gestion des demandes d’Alvaro Sobrinho mais suspend quand même ses licences.

Sollicité, Roshi Bhadain maintient à nouveau que même s’il était ministre à l’époque, il ne pouvait s’ingérer dans la décision de la FSC d’octroyer ou de refuser d’octroyer un permis à Alvaro Sobrinho.

Sur quelle base la FSC aurait refusé d’octroyer un permis à Alvaro Sobrinho ? Il n’y a eu aucune condamnation.

4. Le Finance Bill 2016 permet l’octroi d’une nouvelle licence à Sobrinho

Le Finance Bill 2016 permet l’octroi d’une nouvelle licence à Sobrinho Alvaro Sobrinho

29 juillet 2016. Le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, présente le Budget. Parmi les mesures phares annoncées dans le secteur financier : l’introduction d’une Investment Banking and Corporate Licence. Cette mesure n’est cependant aucunement liée au secteur bancaire. Le 31 août, le Finance Bill est voté. Parmi les lois amendées figure la FSC Act, permettant l’octroi de l’Investment Banking and Corporate Advisory Licence. Si le 7 septembre 2016, le Finance Bill est gazetted, Alvaro Sobrinho est parmi les premiers à postuler pour obtenir ce nouveau permis.

Il l’obtient le 25 novembre. Bien que dans les milieux proches du dossier, l’on affirme que l’introduction de cette mesure n’a rien à voir avec l’Angolais, le timing fait sourciller. S’agit-il d’une coïncidence si Sobrinho a été le tout premier à en bénéficier ? Une autre question qui pourrait rester sans réponse, à moins qu’une commission d’enquête ne fasse la lumière dessus.

5. Les berlines de Sobrinho

Les berlines de Sobrinho

Le multimilliardaire Alvaro Sobrinho a acheté sept voitures de luxe, soit quatre Range Rover et trois Jaguar au coût de Rs 40 millions. L'on s’interroge sur les politiciens, époux de politiciens et hauts fonctionnaires qui ont bénéficié de ces berlines. Les plaques d’immatriculation de ces sept véhicules avaient été dévoilées dans la presse le 5 mars 2017.

Selon le leader du MMM, Paul Bérenger face à la presse le 4 mars 2017, des VVIP ont rendu leurs “cadeaux” après que l’affaire Sobrinho a éclaté au grand jour. Cependant, lors d’une conférence de presse interdite à une bonne partie de la presse le 9 mars 2017, Alvaro Sobrinho a démenti avoir offert les berlines en question à des politiciens.

Les membres de l’opposition dont Navin Ramgoolam et Xavier Duval s’accordent à dire que la lumière doit être faite pour savoir qui a officiellement reçu les voitures de luxe offertes.