Ces ministres qui ont été contraints à démissionner...

You can also highlight the text to listen to it.

Des ministres mauriciens ont dû démissionner de leur poste volontairement ou y ont été contraints. Soit pour avoir agi d’une façon indigne dans l’exercice de leurs fonctions ministérielles, soit pour leur implication dans des transactions douteuses. Certains ont par la suite été blanchis par la cour. Voici les cas répertoriés depuis 1975.




1980

1980 Lutchmeeparsad Badry

Lutchmeeparsad Badry, ministre de la Sécurité sociale, et Giandev Daby, ministre des Coopératives dans le gouvernement de sir Seewoosagur Ramgoolam sont contraints à démissionner après qu’ils ont été blâmés par une commission d’enquête pour corruption.

Dans le cas de Badry, le verdict tombe à la fin d’octobre 1980 : la Cour suprême le condamne à six semaines de prison. Les juges Yves Espitalier-Noël et A.M.G. Ahmed le trouvent coupable d’outrage à magistrature pour avoir tenu des propos injurieux à l’encontre du juge Victor Glover.

Badry jure peu après un affidavit, réclamant et obtenant l’autorisation de faire appel au conseil privé de la reine. Après le verdict de la cour d’appel de Londres, la peine de prison infligée à Badry sera commuée en une simple amende.

Badry avait été reconnu coupable d’avoir insinué publiquement, le 18 mai 1980, à Mare d'Albert que la Cour suprême est à la solde de personnes riches, dirigeant de grosses entreprises, telles FUEL S.E., que les descendants d’immigrants indiens sont condamnés à la misère, que le juge Glover ne peut prétendre diriger l’île Maurice, qu’il faut le déculotter, qu’on utilise son rapport pour le décrédibiliser, que ce rapport ne respecte pas toujours la vérité, qu’il ne prend pas en considération certains éléments en sa faveur. Il nie avoir tenu ces propos et deux témoins de la défense soutiennent sa négation.

Leur témoignage ne convainc toutefois pas les juges Espitalier-Noël et Ahmed. Ils reconnaissent, en revanche, la bonne foi des deux témoins de la poursuite. Il s’agit de deux journalistes : Désiré Appou de L’Express et Berky Ombrasine. Ces juges concluent que les propos de Badry mettent publiquement en cause l’intégrité de la Cour suprême et sont de nature à saper la confiance de la population dans l’administration de la justice à Maurice. Ils insinuent que la Cour suprême défend les intérêts des capitalistes. Badry niera jusqu’au bout les avoir tenus.

Giandev Daby, lui, avait tout abandonné en Angleterre pour venir prêter main-forte à Chacha Ramgoolam en tant que troisième colistier à Triolet/Pamplemousses aux élections générales de 1976.

Il a également blâmé par la commission d'enquête chargée de faire la lumière sur des allégations de fraude, de corruption et de pots de vin.

Loading...